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L’accord de Trump Tiktok montre que la guerre technologique américaine avec la Chine est défaillante

by Clara Dubois

Publié le 29 septembre 2025 20h45. L’administration Trump semble assouplir sa politique de confrontation technologique avec la Chine, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité nationale et favorisant des accords commerciaux qui profitent aux alliés politiques de l’ancien président.

  • Le président Trump a autorisé un accord permettant à un consortium d’investisseurs américains, dirigé par Oracle, de prendre le contrôle de 80 % des opérations américaines de TikTok, tout en laissant à la société mère chinoise, ByteDance, le contrôle de l’algorithme de l’application.
  • Cette décision s’accompagne d’un revirement sur les contrôles à l’exportation de technologies de pointe vers la Chine, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle, et d’investissements massifs dans des projets technologiques au Moyen-Orient.
  • Des critiques s’élèvent quant au manque de transparence de ces accords et aux avantages qu’ils confèrent aux proches de Donald Trump.

L’accord conclu avec ByteDance, après un appel téléphonique avec le président chinois Xi Jinping le 19 septembre, est loin de résoudre les préoccupations initiales qui avaient conduit l’administration Trump à envisager d’interdire TikTok aux États-Unis. Si l’objectif affiché était de protéger la sécurité nationale, les détails de l’accord révèlent une approche plus pragmatique, voire opportuniste.

La principale inquiétude réside dans le fait que l’algorithme de TikTok – décrit comme la « sauce secrète » qui détermine le contenu présenté aux utilisateurs – restera entre les mains de ByteDance. Une copie sera accessible au groupe d’investisseurs américains, mais sera mise à jour en fonction des données des utilisateurs américains. La question de savoir comment ces mises à jour seront gérées et si elles ne créeront pas une version parallèle de l’application, toujours influencée par Pékin, reste sans réponse. Comme le souligne un expert, l’accord permet à Pékin de conserver une influence considérable.

Au-delà des enjeux de sécurité, l’administration Trump devrait percevoir des milliards de dollars de frais grâce à cette transaction, comme l’a souligné le président lui-même :

« Les États-Unis obtiennent des frais considérables – je les appelle des frais – juste pour conclure l’accord, et je ne veux pas les laisser filer. »

Donald Trump, président des États-Unis

L’attribution du contrôle de l’application à un groupe d’investisseurs comprenant des personnalités proches de Donald Trump, telles que Larry Ellison et Rupert Murdoch, suscite également des critiques. De nombreux observateurs y voient un cas flagrant de capitalisme de copinage.

« L’accord TikTok ne semble pas ouvert à tous les acteurs du marché. Il semble surtout ouvert à ceux qui sont déjà proches de l’administration, y compris ses partisans politiques. »

Rush Doshi, ancien responsable de la sécurité nationale sous l’administration Biden

Ce revirement s’inscrit dans un contexte plus large de changement de politique vis-à-vis de la Chine. Alors que l’administration Biden avait adopté une ligne dure, en renforçant les contrôles à l’exportation et en cherchant à limiter l’accès de Pékin aux technologies de pointe, l’administration Trump semble privilégier les intérêts économiques et les accords commerciaux. Le New York Times a décrit les efforts de Biden comme une « déclaration de guerre économique contre la Chine ».

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a notamment levé l’interdiction de vente de puces H20 de Nvidia à la Chine, en échange d’une participation de 15 % aux revenus de ces ventes. Il a également conclu des accords avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour la construction de centres de données massifs alimentés par des puces Nvidia, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité et à la dépendance technologique. Le plan d’action de la Maison Blanche sur l’IA, qui préconisait le renforcement des contrôles à l’exportation, semble désormais contredit par ces décisions.

L’influence du PDG de Nvidia, Jensen Huang, est également pointée du doigt. Il aurait fait pression auprès de l’administration Trump pour assouplir les restrictions à l’exportation, arguant que l’interdiction des technologies américaines ne ferait qu’inciter la Chine à développer ses propres produits. Il a même qualifié Pékin de « concurrent » plutôt que d’« ennemi ».

La politique étrangère de l’administration Trump semble désormais dictée par des considérations économiques et personnelles, au détriment des préoccupations de sécurité nationale. L’avenir de la guerre technologique américaine contre la Chine est incertain, et il est possible que Donald Trump privilégie une rencontre avec Xi Jinping au début de 2026, ouvrant la voie à de nouvelles concessions.

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