Publié le 28 décembre 2025 23:34:00. Une rencontre à Mar-a-Lago entre le président américain Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky n’a pas permis de déboucher sur un accord de paix définitif, malgré des discussions approfondies sur un plan en 20 points visant à mettre fin au conflit russo-ukrainien.
- Les deux présidents estiment que parvenir à une paix durable sera un processus long et complexe.
- Le statut du Donbass reste un point de friction majeur, Moscou réclamant son intégration complète tandis que Kiev envisage un possible référendum.
- La question de la centrale nucléaire de Zaporijia, actuellement sous contrôle russe, demeure également en suspens.
La réunion, qui s’est tenue dimanche en Floride, a été qualifiée de “fantastique” par Donald Trump, qui a affirmé que les discussions avaient rapproché les deux parties d’un accord. Volodymyr Zelensky a, de son côté, estimé que le plan de paix était achevé à 90 %, un chiffre qu’il avait déjà évoqué avant les pourparlers.
Malgré ces déclarations optimistes, les deux dirigeants ont reconnu la complexité de la situation et la nécessité de poursuivre les négociations. Trump a souligné que les questions les plus délicates concernaient les garanties de sécurité pour l’Ukraine et le statut du Donbass. Il a averti que Kiev pourrait être mieux servie en acceptant rapidement les conditions russes concernant cette région, estimant qu’elle pourrait être conquise par Moscou dans les mois à venir.
« Nous sommes peut-être très proches sur une ou deux questions difficiles et sensibles, mais nous faisons de bons progrès. »
Donald Trump, président américain
Zelensky a confirmé que les deux parties s’accordent sur l’importance des garanties de sécurité pour une paix durable et a annoncé que de nouvelles négociations auront lieu prochainement. Il a également évoqué la possibilité d’organiser un référendum sur le statut du Donbass, soulignant que la décision finale appartient au peuple ukrainien.
« C’est leur terre, pas celle d’un seul homme, celle de notre nation depuis de nombreuses générations. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
La question de la centrale nucléaire de Zaporijia a également été abordée. Trump a affirmé que le président russe Vladimir Poutine travaillait avec les Ukrainiens pour rouvrir la centrale, précisant que Poutine ne l’avait pas bombardée. Cette affirmation est difficile à vérifier, étant donné que la centrale est actuellement sous contrôle russe.
Trump a estimé que la guerre pourrait être terminée « d’ici quelques semaines », tout en reconnaissant que des imprévus pourraient compliquer les choses. Il a averti que, en l’absence d’accord, les combats se poursuivraient et que davantage de personnes mourraient.
Suite à la réunion, Zelensky a annoncé sur sa page Telegram que des négociateurs ukrainiens et américains se rencontreront la semaine prochaine pour “finaliser toutes les questions pertinentes”, et a précisé que Trump avait promis d’accueillir les dirigeants ukrainiens et européens à Washington en janvier.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s’est félicitée des progrès réalisés lors des négociations, soulignant que l’Union européenne restait prête à soutenir l’Ukraine et les États-Unis dans leurs efforts de paix. Elle a insisté sur la nécessité de fournir à Kiev de solides garanties de sécurité.
Les dirigeants européens ont également participé à des discussions avec Zelensky et Trump en Floride. Le porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer a indiqué que l’accent avait été mis sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine. Le président polonais Karol Nawrocki a publié sur X (anciennement Twitter) un message exprimant l’espoir qu’une solution puisse être trouvée grâce à la détermination américaine et à l’unité européenne. Giorgia Meloni, la Première ministre italienne, a déclaré que les parties avaient convenu que Moscou devait prouver sa volonté sincère de mettre fin aux combats selon Sky News.
Kirill Dmitriev, un envoyé spécial du président russe, a salué sur X les efforts de Trump et de son équipe en faveur de la paix.
Avant la réunion, Zelensky avait réitéré ses doutes quant à la sincérité des intentions de Moscou, citant l’attaque massive de Kiev par 500 drones et 40 missiles la veille, qui a causé la mort de deux personnes et blessé plus de trente autres, et a privé 40 % des immeubles résidentiels de chauffage. Il a affirmé que cette attaque démontrait que Poutine ne souhaite pas la paix comme le rapporte Telex.
Vladimir Poutine, de son côté, a déclaré à la veille de la rencontre Zelensky-Trump qu’il était prêt à résoudre toutes les questions en suspens par la force si Kiev refusait de négocier. Il a également affirmé que les forces russes avançaient sur le front et qu’elles n’auraient pas besoin que l’Ukraine cède le Donbass dans le cadre d’un accord selon Telex. Moscou a également annoncé l’occupation d’une ville ukrainienne de 46 000 habitants, ce que Kiev conteste.
Trump et Poutine ont eu une conversation téléphonique peu avant la rencontre avec Zelensky. Trump a qualifié cette conversation de “très bonne et productive” sur sa page Truth Social selon The Guardian. Yury Usakov, conseiller principal en politique étrangère du président russe, a précisé que les deux dirigeants avaient convenu qu’un accord de paix à long terme serait préférable à un cessez-le-feu temporaire.
Usakov a également déclaré que Kiev devait prendre une “décision politique courageuse et responsable” concernant le Donbass, compte tenu de la situation sur le front.
