Publié le 6 octobre 2025 à 10h13. La formation médicale continue, la revalidation des compétences et l’accréditation ont été au cœur des discussions lors d’un premier forum organisé par l’Organisation médicale collégiale (OMC), réunissant des experts de plusieurs pays pour aborder les enjeux de la qualité et de la sécurité des soins.
- La nécessité d’une évaluation rigoureuse des compétences médicales, notamment au Brésil où le nombre de facultés de médecine a explosé.
- L’importance de la formation continue, perçue comme un devoir éthique fondamental pour garantir des soins de qualité aux patients.
- Les approches divergentes concernant la revalidation des compétences, entre un modèle axé sur la bureaucratie et un modèle privilégiant la motivation et la reconnaissance des médecins.
Lors d’un premier panel de discussion, organisé les 6 et 7 octobre par l’OMC dans le cadre de son assemblée générale, des représentants de plusieurs pays ont échangé sur les meilleures pratiques en matière de formation médicale continue, de revalidation des compétences et d’accréditation. Le Dr José Ramón Huerta, chef des affaires internationales de l’OMC, a animé les débats, auxquels ont participé le Dr Rubén H. Tucci (président du Conseil supérieur des facultés de médecine de la province de Buenos Aires, Argentine), le Dr Jean Carlo Cavalcante (troisième vice-président du ministère fédéral de la médecine, Brésil), le Dr Joao Grenho (secrétaire général de l’Union européenne des médecins spécialisés – UEMS), le Dr Carlos Cortes (Bastonario de l’Ordre des médecins du Portugal) et le Dr Silvia Jakimczuk (secrétaire général de l’Association des médecins municipaux de la ville de Buenos Aires, Argentine).
Le Dr Jean Carlo Cavalcante a mis en lumière les défis auxquels est confronté le système de santé brésilien, marqué par une prolifération des facultés de médecine. Il a souligné que le Brésil comptait actuellement 436 écoles de médecine, un chiffre en forte augmentation ces dernières années. Il a exprimé son inquiétude face au manque d’infrastructures adéquates dans de nombreuses municipalités : « 78% des municipalités disposant d’écoles de médecine ne possèdent pas l’infrastructure nécessaire, et 92% ne répondent pas aux critères minimaux du ministère de l’Éducation. » Cette situation, selon lui, met en péril la santé de la population. Pour y remédier, un projet de loi propose la mise en place d’un examen de « compétence médicale » évaluant les connaissances, les compétences et les aptitudes des professionnels de santé avant de les autoriser à exercer.
Le Dr Carlos Cortes a insisté sur le caractère éthique de la formation continue. Il a déclaré :
« La seule raison pour laquelle nous sommes ici est les patients. La médecine est un chemin qui se construit sur les acquis des générations précédentes. Dans notre profession, la mise à jour n’est pas un luxe, c’est un devoir éthique fondamental qui nous engage à l’excellence et envers chaque patient qui nous fait confiance. »
Dr Carlos Cortes, Bastonario de l’Ordre des médecins du Portugal
Il a ajouté que « la mise à jour est un vaccin contre l’ignorance » et qu’il ne s’agit pas seulement de satisfaire à une obligation administrative, mais d’intégrer l’apprentissage continu à l’identité professionnelle.
Le Dr Rubén H. Tucci a souligné que l’évolution constante de la médecine, notamment grâce aux nouvelles technologies et aux avancées scientifiques, impose aux professionnels de santé de se tenir informés. Il a affirmé : « Ce n’est pas une option, c’est une responsabilité éthique et juridique, une obligation pour nous tous, mais c’est aussi un droit pour le professionnel. » Il a précisé que, bien que l’OMC ne valide ni ne certifie pas directement les diplômes, elle joue un rôle essentiel dans les processus de validation, de certification et de formation continue, en veillant au respect de valeurs telles que la santé publique, la défense de la profession médicale et la qualité des soins.
En Argentine, la Dre Silvia Jakimczuk a expliqué qu’un accord collectif a été signé pour la formation médicale continue, obligeant les médecins spécialistes travaillant dans les hôpitaux publics de la région à consacrer 24 heures sur leurs 30 heures de travail à cette activité. Elle a souligné que cet accord permet aux professionnels de la santé d’accéder gratuitement à la revalidation de leur spécialité tous les cinq ans, à condition de remplir certaines exigences et de fournir une attestation de formation. La conformité à cette procédure est reconnue à hauteur d’environ 20% du salaire, ce qui constitue un incitatif financier.
Enfin, le Dr Joao Grenho a exprimé les réserves de l’UEMS quant à la revalidation obligatoire des compétences médicales, estimant qu’il n’existe aucune preuve scientifique de son efficacité pour améliorer la pratique clinique, réduire les erreurs médicales ou accroître la sécurité des patients. Il a critiqué un modèle jugé bureaucratique, uniforme, coûteux et punitif, préférant un modèle axé sur la motivation, la reconnaissance et l’amélioration continue de la qualité des soins. L’UEMS promeut les Exigences de formation européenne (ETRS) et le Conseil d’accréditation européenne pour la poursuite de l’éducation médicale (EACCME), des instruments conçus par et pour les médecins, qui visent à améliorer la pratique professionnelle et la sécurité des patients.
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