Une militante nicaraguayenne pour les droits de l’homme, dont le fils a été tué lors de manifestations antigouvernementales en 2018, risque l’expulsion des États-Unis. Yadira Córdoba, membre de l’association des Mères d’avril, doit comparaître devant un tribunal de San Antonio le mois prochain pour une dernière audience concernant sa demande d’asile.
À retenir
- Yadira Córdoba, activiste nicaraguayenne, est détenue par les autorités américaines et risque d’être renvoyée au Nicaragua.
- Son fils a été tué par des forces de sécurité lors de manifestations en 2018, et elle est devenue une voix critique du régime d’Ortega-Murillo.
- Son avocat dénonce une situation sans précédent, craignant pour sa sécurité si elle est renvoyée dans son pays d’origine.
Contexte
Yadira Córdoba a d’abord cherché refuge au Costa Rica, puis à Austin, au Texas, après la mort de son fils de 15 ans, victime de tirs lors de la « mère de toutes les marches » à Managua en 2018. Elle avait initialement bénéficié d’une libération conditionnelle temporaire aux États-Unis en 2022, mais a été placée en détention le 20 août lors d’un enregistrement d’immigration de routine à San Antonio, après l’expiration de ce statut.
Elle est membre des Mères d’avril, un groupe de femmes nicaraguayennes ayant perdu des enfants lors de la répression des manifestations de 2018. Elle a activement dénoncé les actions du gouvernement d’Ortega-Murillo.
Ce qui change
L’avocat de Yadira Córdoba, Arno Lemus, critique vivement la politique d’immigration américaine, notamment la pratique de la détention obligatoire des demandeurs d’asile, héritée de l’administration Trump. Il souligne que le cas de Córdoba est particulièrement préoccupant, car elle a déjà déposé des plaintes contre le régime nicaraguayen auprès d’organisations internationales, et que son renvoi pourrait la mettre en danger.
Selon l’avocat, son dossier est « très bien documenté et très médiatisé », ayant été présenté à l’Organisation des États américains, aux Nations Unies et à l’Union européenne. Il estime donc improbable que sa demande d’asile soit rejetée.
Les autorités américaines (Immigration and Customs Enforcement, ICE) confirment la détention de Córdoba à San Antonio le 20 août. Elles indiquent qu’elle est entrée illégalement aux États-Unis le 5 janvier 2022, près d’Eagle Pass, au Texas, et qu’elle restera en détention en attendant la décision d’un juge.
Prochaines étapes
Yadira Córdoba a brièvement comparu devant un tribunal d’immigration à San Antonio lundi. Son audience finale, dans le cadre d’une procédure d’expulsion accélérée, est prévue le 20 octobre. À ce stade, l’issue de cette audience déterminera si elle pourra rester aux États-Unis ou si elle sera renvoyée au Nicaragua.
Chiffres clés
| Date de détention | 20 août 2024 |
|---|---|
| Date d’entrée aux États-Unis (illégale) | 5 janvier 2022 |
| Date de l’audience finale | 20 octobre 2024 |
Sources
Texas Public Radio (TPR) – Reportage original sur la situation de Yadira Córdoba.