Des centaines de postes non pourvus dans les hôpitaux pour anciens combattants de la région de Chicago vont être supprimés, dans le cadre d’une vaste initiative de l’administration Trump visant à réduire les effectifs de la fonction publique fédérale. Des professionnels de la santé locaux craignent que cette mesure n’aggrave les pénuries de personnel et ne dégrade la qualité des soins offerts aux anciens combattants.
À retenir
- Plus de 600 postes vacants sont supprimés dans les hôpitaux VA de la région de Chicago.
- L’administration Trump justifie ces suppressions par la nécessité de réduire les dépenses et de se débarrasser de postes créés pendant la pandémie de COVID-19.
- Les syndicats et certains employés s’inquiètent d’une détérioration des soins aux anciens combattants et d’une augmentation de la pression sur le personnel soignant.
Contexte
Cette décision s’inscrit dans une politique plus large du Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), initiée par le président Donald Trump, visant à réduire la taille de la fonction publique fédérale. Le Département des Anciens Combattants a confirmé cette semaine la suppression de nombreux postes vacants à travers le pays. Selon des sources internes au Chicago Sun-Times, plus de 400 postes non pourvus seront supprimés au centre médical Jesse Brown VA, situé sur le Near West Side, et environ 200 au centre de soins de santé fédéral Lovell, à North Chicago. Les chiffres pour les établissements de Hines, près de Broadview, et ceux de Marion et Danville, dans le nord de l’Illinois, n’étaient pas disponibles au moment de la publication.
L’administration Trump avait initialement prévu de supprimer près de 80 000 postes au sein du Département des Anciens Combattants.
Ce qui change
Pete Kasperowicz, attaché de presse du ministère fédéral des Anciens Combattants, a déclaré qu’aucun employé ne serait licencié et que les soins aux anciens combattants ne seraient pas affectés. Il a précisé que les suppressions concernent uniquement des postes vacants, dont la plupart n’auraient pas été pourvus depuis plus d’un an, et qui seraient liés à des besoins spécifiques de l’ère COVID-19.
Cependant, Heather Fallon, infirmière autorisée à l’unité de soins intensifs de Lovell et déléguée syndicale pour National Nurses United, témoigne d’une réalité différente : « Nous ressentons déjà les effets profonds de ces postes vacants », a-t-elle déclaré. Elle décrit un afflux sans précédent de patients aux urgences, alors que l’équipe soignante est déjà sous tension. « Nous sommes déjà à un point de rupture et nous n’avons pas la possibilité de continuer ainsi. C’est bouleversant pour toutes nos infirmières que l’administration ne reconnaisse pas que nous sommes déjà dans une crise de personnel et que c’est notre nouvelle norme. »
Une employée de longue date du Jesse Brown VA, qui a requis l’anonymat, s’inquiète également de la capacité de l’établissement à maintenir son niveau de soins, récemment salué par les Centers for Medicare et Medicaid Services avec une note de cinq étoiles. « L’élimination de plus de 400 postes va directement affecter les soins aux anciens combattants. Cela tue le moral. Les gens s’épuisent. Ce n’est tout simplement pas aussi bon pour vos patients. » Elle souligne également la difficulté de retenir les employés dans un tel environnement.
Selon les données du ministère, le VA a déjà supprimé plus de 30 000 postes à travers le pays cette année, passant de 470 411 employés fin 2024 à 439 822 fin octobre.
Prochaines étapes
La représentante Nikki Budzinski, membre démocrate de la commission des anciens combattants de la Chambre, a demandé à l’administration Trump de faire preuve de plus de transparence concernant cette « érosion de la main-d’œuvre ». Elle a déclaré : « S’ils disent que ces postes vacants sont obsolètes et datent de l’ère du COVID, alors qu’ils présentent le plan et arrêtent d’attaquer leur propre personnel de l’intérieur. Je ne crois pas une seconde que les anciens combattants ne verront pas les services diminuer. »
Le président de la commission, le représentant républicain Mike Bost, a quant à lui exprimé son soutien au plan de restructuration proposé par le secrétaire au VA, Doug Collins. Il a déclaré que le Congrès travaillera avec l’administration Trump pour s’assurer que ce plan bénéficie aux anciens combattants.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Postes vacants supprimés à Jesse Brown VA | Plus de 400 |
| Postes vacants supprimés à Lovell VA | Environ 200 |
| Postes supprimés au total dans le VA (2024) | Plus de 30 000 |
| Nombre d’employés du VA (fin 2024) | 470 411 |
| Nombre d’employés du VA (fin octobre 2025) | 439 822 |
Sources
Département des Anciens Combattants des États-Unis