Publié le 6 novembre 2025 à 22h44. L’ancien président américain Donald Trump a réitéré son intention de ne pas participer au prochain sommet du G20 en Afrique du Sud, allant jusqu’à remettre en question la légitimité de la présence du pays au sein de ce forum économique majeur. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Pretoria, exacerbées par des accusations de discrimination et des mesures controversées prises par l’administration Trump.
- Donald Trump ne participera pas au sommet du G20 en Afrique du Sud et souhaite la sortie du pays de l’organisation.
- Cette décision fait suite à des accusations américaines de discrimination envers les minorités blanches afrikaners et à la mise en place d’un programme de réfugiés ciblé.
- L’Afrique du Sud maintient sa position et réaffirme son engagement envers les valeurs de solidarité et de développement durable au sein du G20.
Les déclarations de Donald Trump, faites lors d’un événement à Miami mercredi, soulignent une détérioration notable des relations diplomatiques entre les États-Unis et l’Afrique du Sud. « Regardez ce qui se passe en Afrique du Sud », a-t-il déclaré. « Nous avons une réunion du G20 en Afrique du Sud, l’Afrique du Sud ne devrait même plus faire partie des G… Je n’y vais pas, je leur ai dit que je n’y vais pas, que je ne représenterai pas notre pays là-bas. »
Le gouvernement sud-africain a réagi avec fermeté à ces propos. Chrispin Phiri, porte-parole du président Cyril Ramaphosa, a affirmé que l’Afrique du Sud est pleinement préparée à accueillir le sommet des dirigeants du G20.
« S’appuyant sur son propre parcours depuis la division raciale et ethnique vers la démocratie, l’Afrique du Sud est dans une position unique pour défendre au sein du G20 un avenir de véritable solidarité, où la prospérité partagée comble les profondes inégalités, et une action collective pour la durabilité qui centre le développement pour faire face à l’impact du colonialisme sur le continent africain. »
Chrispin Phiri, porte-parole du président Cyril Ramaphosa
Cette escalade intervient après que l’administration Trump a suspendu toute aide à l’Afrique du Sud et lancé un programme de réfugiés spécifiquement destiné aux Afrikaners blancs, justifiant cette mesure par des allégations de « discrimination fondée sur la race ». Ce programme, qui prévoit d’accueillir jusqu’à 7 500 réfugiés pour l’exercice 2026 (selon un avis publié jeudi dans le Federal Register), a été vivement critiqué par Pretoria.
Les tensions ont atteint leur paroxysme en mai lors d’une réunion au Bureau ovale, où Donald Trump aurait confronté Cyril Ramaphosa en lui présentant un montage vidéo accusant l’Afrique du Sud de mener un « génocide blanc ». Il a également réimposé des tarifs douaniers sur les produits sud-africains. Plus d’informations sur les tarifs douaniers.
Cyril Ramaphosa a systématiquement nié les accusations portées par Donald Trump, soulignant que les Afrikaners, comme toutes les autres communautés du pays, sont victimes de la criminalité, sans ciblage spécifique.
Donald Trump avait déjà annoncé en septembre qu’il ne participerait pas au sommet du G20 de cette année, et qu’il confierait cette tâche au vice-président JD Vance. Plus d’informations sur la participation de JD Vance.
Le G20, créé en 1999 suite à la crise financière asiatique, est un forum international regroupant les principales économies mondiales. Il représente environ 85 % du produit intérieur brut (PIB) mondial et les deux tiers de la population mondiale. Chaque année, un pays membre différent assure la présidence et fixe l’ordre du jour du sommet. Les États-Unis doivent prendre le relais de l’Afrique du Sud après ce sommet.
Selon Andrew Gawthorpe, analyste au Foreign Policy Center, même si les États-Unis accueillent le G20 l’année prochaine, il est peu probable qu’ils puissent décider unilatéralement de ne pas inviter l’Afrique du Sud sans l’accord des autres membres. « Si un pays devait être exclu, cela signifierait qu’il ne serait pas invité aux réunions par le pays hôte », a-t-il expliqué à la BBC.
Le sommet du G20 à Johannesburg est prévu les 22 et 23 novembre, et JD Vance devrait diriger la délégation américaine. Les responsables sud-africains réaffirment leur engagement à promouvoir la solidarité, l’égalité et la durabilité au sein du G20. La politique de l’administration Trump à l’égard de l’Afrique du Sud, notamment le programme de réfugiés et la réduction de l’aide, devrait faire l’objet d’un examen international approfondi pendant et après le sommet.
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