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L’Albert Einstein College of Medicine explique l’accumulation de cellules zombies

Des chercheurs de l'Albert Einstein College of Medicine ont découvert qu'un déclin du recyclage cellulaire, connu sous le nom d'autophagie médiée par des chaperons, empêche le…

L'Albert Einstein College of Medicine explique l'accumulation de cellules zombies

Des chercheurs de l’Albert Einstein College of Medicine ont découvert qu’un déclin du recyclage cellulaire, connu sous le nom d’autophagie médiée par des chaperons, empêche le système immunitaire d’éliminer les cellules sénescentes, ou « cellules zombies », qui s’accumulent avec l’âge et favorisent les maladies inflammatoires.

Une étude publiée le 5 octobre 2026 dans la revue Nature Aging apporte un éclairage inédit sur ce phénomène en reliant l’accumulation de ces cellules à une défaillance de la machinerie de recyclage cellulaire, selon les travaux menés par l’Albert Einstein College of Medicine. En vieillissant, l’organisme accumule ce que les biologistes appellent des cellules sénescentes. Ces cellules ont cessé de se diviser ou de fonctionner normalement, mais refusent de mourir. Elles persistent dans les tissus, où elles alimentent une inflammation chronique et contribuent à plusieurs pathologies liées à l’âge. La raison pour laquelle le corps peine à s’en débarrasser au fil des ans restait mal comprise.

Quand le recyclage cellulaire décline avec l’âge

Ana Maria Cuervo avait déjà établi par le passé que l’activité de la CMA diminue avec l’âge, ce qui favorise l’accumulation de déchets moléculaires dans les neurones et d’autres types cellulaires. L’équipe s’est penchée sur l’autophagie médiée par des chaperons, ou CMA, un mécanisme interne qui cible les protéines endommagées ou inutiles pour les acheminer vers les lysosomes en vue de leur digestion. Dans cette étude approfondie parue dans Nature Aging, les chercheurs ont voulu comprendre l’impact de ce déclin sur les cellules sénescentes elles-mêmes et sur les macrophages, les cellules immunitaires chargées de les nettoyer.

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Photo : Nature

Les résultats ont révélé une différence flagrante : alors que les cellules jeunes augmentent leur activité de CMA lorsqu’elles entrent en sénescence, celles issues de souris âgées possèdent déjà une CMA déficiente qui ne s’active pas. Pour mener à bien leurs analyses, l’équipe a utilisé des fibroblastes issus du tissu conjonctif de souris jeunes et âgées, transformés en laboratoire en cellules sénescentes sous l’effet de médicaments bloquant la division cellulaire. En conséquence, ces cellules âgées ne parviennent plus à dégrader correctement certaines de leurs protéines internes. Elles libèrent alors des substances toxiques qui poussent les cellules saines voisines à devenir à leur tour sénescentes, tout en nuisant à la capacité des macrophages à les repérer.

Comme l’a indiqué Ana Maria Cuervo selon The Times of India, « notre recherche relie deux moteurs majeurs du vieillissement — le déclin de la CMA et la sénescence cellulaire — et montre pour la première fois comment leur interaction permet aux cellules sénescentes d’échapper à l’élimination par le système immunitaire dans les organismes âgés. Le prochain défi consiste à déterminer si cette approche pourra éventuellement être développée en un traitement sûr contre les maladies liées à l’âge chez l’humain. »

L'Albert Einstein College of Medicine explique l'accumulation de cellules zombies
Photo : Yahoo Health

Des macrophages ralentis face à l’inflammation

Ces animaux ont accumulé davantage de cellules sénescentes au niveau des sites de blessure et ont présenté une cicatrisation ralentie par rapport au groupe témoin. Le problème touche les deux versants de la réponse biologique. D’un côté, les cellules sénescentes sécrètent des signaux délétères ; de l’autre, les macrophages des organismes âgés souffrent eux aussi d’une baisse de CMA.

Lorsque le recyclage cellulaire défaille des deux côtés, ce système d’épuration s’enraye. Normalement, les cellules sénescentes jouent un rôle utile à court terme, notamment lors de la cicatrisation cutanée, où elles libèrent des facteurs de croissance avant d’être éliminées par les macrophages. Les cellules samoncellent durablement dans les tissus, alimentant une inflammation de bas grade caractéristique du vieillissement.

L'Albert Einstein College of Medicine explique l'accumulation de cellules zombies
Photo : Morningstar

La molécule CA77.1 pour relancer le nettoyage

Plutôt que de chercher à détruire les cellules par la force, les conclusions relayées par Yahoo Health ouvrent la voie à une restauration des fonctions de nettoyage de l’organisme. Jusqu’à présent, la stratégie dominante pour contrer la sénescence consistait à développer des médicaments dits « sénolytiques » conçus pour tuer directement ces cellules. Toutefois, les auteurs signalent que tester ces composés sur des cellules jeunes artificiellement zombifiées en laboratoire ne reflète pas fidèlement la réalité biologique d’un organisme âgé.

Des souris âgées ont reçu ce traitement par voie orale chaque jour pendant cinq mois. L’équipe a ainsi mis à l’épreuve le CA77.1, une petite molécule activatrice de la CMA préalablement mise au point dans leurs laboratoires. À l’issue de cette période, les chercheurs ont constaté une baisse du nombre de cellules sénescentes dans plusieurs organes, ainsi qu’une diminution des marqueurs d’inflammation et de fibrose. Des tests menés en parallèle sur des macrophages de souris âgées traités avec le CA77.1 ont démontré que leur capacité d’ingestion cellulaire était restaurée à des niveaux comparables à ceux observés chez de jeunes sujets.

Un espoir contre la fibrose pulmonaire

En analysant des échantillons de tissus pulmonaires provenant de patients atteints de cette maladie, les chercheurs ont observé une baisse marquée de l’activité de la CMA. Les travaux menés par l’équipe internationale rapportés par Biotechniques se sont également intéressés à la fibrose pulmonaire idiopathique, une pathologie grave liée à l’âge caractérisée par une cicatrisation progressive et invalidante des poumons.

L’administration de la molécule CA77.1 dans un modèle murin de la fibrose a permis de réduire la sévérité des lésions pulmonaires lorsque le traitement était initié rapidement après la blessure initiale, tout en atténuant les signes de sénescence et d’inflammation. Malgré ces résultats encourageants, les auteurs soulignent que ces données proviennent de modèles cellulaires et animaux. Des recherches supplémentaires s’avèrent indispensables avant d’envisager une application clinique sécurisée chez l’humain pour lutter contre les maladies liées à l’âge.

Ana Maria Cuervo, auteure principale de l’étude, a déclaré : « Notre recherche relie deux moteurs majeurs du vieillissement — le déclin de la CMA et la sénescence cellulaire — et montre pour la première fois comment leur interaction permet aux cellules sénescentes d’échapper à l’élimination par le système immunitaire dans les organismes âgés. Le prochain défi consiste à déterminer si cette approche pourra éventuellement être développée en un traitement sûr contre les maladies liées à l’âge chez l’humain. »

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.