Publié le 3 janvier 2026 à 07h04. L’Allemagne aborde l’année 2026 avec un agenda politique chargé, marqué par des réformes cruciales des retraites et du service militaire, ainsi que par la montée en puissance de l’extrême droite et les défis persistants de l’immigration et de la transition climatique.
- Le gouvernement allemand a adopté une réforme du système de retraite pour stabiliser le taux de remplacement jusqu’en 2031, en attendant des propositions plus approfondies.
- Une nouvelle forme de service militaire, avec une forte composante volontaire, sera proposée aux jeunes Allemands dès le début de l’année.
- Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) est en position de force et pourrait remporter des victoires significatives lors des élections régionales de 2026.
Après des négociations ardues, la coalition gouvernementale composée de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), de l’Union chrétienne-sociale (CSU) et du Parti social-démocrate allemand (SPD) a réussi à approuver, début décembre, une réforme du système de retraite au Bundestag. Cette réforme vise à maintenir le taux de remplacement, c’est-à-dire le rapport entre la pension et le dernier salaire, autour de 48 % jusqu’en 2031. Une commission indépendante a été chargée d’analyser des réformes plus ambitieuses et de présenter ses conclusions à la mi-2026.
La question de la sécurité financière des retraités reste une préoccupation majeure, compte tenu du vieillissement de la population et de l’augmentation de l’espérance de vie. Le budget 2026 prévoit une subvention gouvernementale de 128 milliards d’euros (environ 25 % du plan de dépenses total) pour compenser les pertes de revenus des retraités. La commission des retraites est désormais sous pression pour proposer des solutions viables à ce problème complexe.
Parmi les pistes envisagées, le relèvement de l’âge de la retraite est l’une des plus débattues. Cependant, l’économiste Jens Südekum suggère une approche différente, estimant que le montant de la pension devrait dépendre uniquement des années de travail et des cotisations versées.
« La pension totale qu’une personne reçoit devrait dépendre uniquement et exclusivement des années de travail et de cotisation au système. »
Jens Südekum, professeur d’économie
Un nouveau service militaire en préparation
Dès le début de l’année 2026, les jeunes Allemands de plus de 18 ans recevront un courrier du gouvernement les invitant à remplir un formulaire en ligne. Les hommes seront tenus de répondre, tandis que les femmes pourront le faire volontairement. Ce formulaire portera sur les données personnelles, les qualifications et les compétences, ainsi que sur l’intérêt pour un service militaire.
La réforme du service militaire, approuvée en décembre, prévoit une participation obligatoire à un examen médical pour évaluer l’état de santé et la condition physique des jeunes. L’objectif du gouvernement est d’augmenter le nombre de soldats dans les forces armées, qui compte actuellement environ 184 000 personnes, pour atteindre entre 255 000 et 270 000 soldats au cours de la prochaine décennie, et d’atteindre 200 000 réservistes. Si le nombre de volontaires est insuffisant, le service militaire obligatoire, suspendu depuis 2011, pourrait être rétabli.
L’AfD en position de force
Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), classé extrême droite par certains observateurs, est devenu la principale force d’opposition au Bundestag. Avec plusieurs élections régionales prévues en 2026, le parti devrait obtenir des résultats significatifs, notamment dans les Länder de l’Est, où il recueille actuellement environ 40 % des intentions de vote dans les sondages, en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.
Les partis démocrates centristes seront-ils en mesure de contrer la progression de l’AfD ? La promesse de la CDU de ne jamais coopérer avec Alternative pour l’Allemagne sera-t-elle respectée si le parti devient largement dominant dans les deux Länder ? Les élections régionales dans les Länder de Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat, qui se dérouleront en mars, donneront le coup d’envoi d’une année électorale cruciale.
Immigration et contrôles aux frontières renforcés
La question de l’immigration restera au cœur des préoccupations politiques en 2026. Depuis sa prise de fonction en mai 2025, le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) a clairement indiqué que l’Allemagne adoptera une politique plus stricte envers les migrants en situation irrégulière.
À la mi-décembre, les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne se sont accordés sur un renforcement significatif de la politique d’asile commune, qui comprend le rétablissement des « centres de retour » dans des pays tiers, une initiative qui avait déjà échoué par le passé, notamment avec le projet italien en Albanie.
Grâce à cette politique d’asile commune,
« nous pourrons également déplacer les contrôles jusqu’aux frontières extérieures de l’Europe »
Friedrich Merz, chancelier allemand
, a déclaré le chancelier allemand début décembre. Il reste à voir si cette mesure sera effectivement mise en œuvre.
Les défis de la politique climatique
Récemment, l’Union européenne a présenté ses nouveaux objectifs climatiques : les émissions de gaz à effet de serre devraient être réduites de 90 % d’ici 2040 par rapport aux niveaux de 1990, l’Union européenne visant à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050.
Le ministre allemand de l’Environnement, Carsten Schneider (SPD), s’est félicité de cette décision.
« Le nouvel objectif climatique de l’UE est probablement la décision politique climatique la plus importante de cette législature. »
Carsten Schneider, ministre allemand de l’Environnement
En mars, Schneider prévoit de présenter un nouveau plan de protection du climat et d’expliquer comment l’Allemagne peut contribuer à atteindre cet objectif. Cependant, la ministre de l’Économie Katherina Reiche (CDU) semble moins enthousiaste à l’idée de développer les énergies renouvelables et privilégie les centrales électriques au gaz.
(dzc/lgc)
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