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L’Allemagne va exhorter l’UE à assouplir l’interdiction de vente de voitures neuves à essence et diesel d’ici 2035 | Industrie automobile

by Amélie Bernard

Publié le 28 novembre 2024 14h35. Le chancelier allemand Friedrich Merz pousse l’Union européenne à revoir son calendrier d’interdiction des voitures à moteur thermique, craignant des conséquences économiques pour l’industrie automobile allemande et une transition trop rapide.

  • Friedrich Merz, chef de file de l’opposition allemande, va adresser une lettre à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, pour demander un assouplissement de la date butoir de 2035.
  • Il plaide pour maintenir la possibilité de produire des véhicules hybrides rechargeables et des modèles à autonomie étendue après cette date.
  • Cette initiative intervient alors que le secteur automobile allemand est confronté à des défis majeurs liés à la transition vers l’électrique et à la concurrence internationale.

Berlin s’apprête à exercer une pression accrue sur Bruxelles concernant l’avenir des moteurs à combustion. Le chancelier allemand Friedrich Merz va adresser une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, afin de réévaluer l’objectif de 2035, date à laquelle la vente de voitures neuves à essence et diesel devrait être interdite dans l’Union européenne. M. Merz estime qu’il est crucial de laisser aux constructeurs automobiles une plus grande liberté technologique.

« Avec cette lettre, nous envoyons le bon signal à la Commission », a déclaré M. Merz, soulignant la volonté du gouvernement allemand de protéger le climat « d’une manière technologiquement neutre ». Il a précisé qu’il était vital de pouvoir continuer à produire des voitures hybrides après 2035, notamment des modèles rechargeables, des hybrides classiques et des véhicules électriques à autonomie étendue équipés de moteurs thermiques performants pour les longs trajets.

« Je demanderai à la Commission, même après 2035, de continuer à autoriser les véhicules électriques à batterie dotés également d’un moteur à combustion. Il est bien plus opportun et pragmatique d’investir davantage d’efforts et d’argent dans le développement de systèmes hybrides efficaces qui combineront le meilleur du monde des moteurs à combustion interne d’une part et de la mobilité électrique d’autre part. »

Friedrich Merz, chancelier allemand

Cette offensive allemande intervient alors que l’industrie automobile, pilier de l’économie nationale, est en pleine mutation. Le secteur est confronté à des coûts considérables liés aux investissements dans les véhicules électriques et à une concurrence accrue, notamment de la part des constructeurs chinois. Le secteur automobile allemand est en crise, selon plusieurs observateurs.

Le gouvernement allemand entend également soutenir financièrement la transition. Le chef du parti frère bavarois de la CDU, Markus Söder, a annoncé l’introduction d’une subvention pouvant atteindre 5 000 € (4 380 £) pour l’achat de voitures électriques ou hybrides dont les composants sont majoritairement fabriqués en Allemagne, dans le but de relocaliser une partie de la production.

Cette position allemande n’est pas sans susciter de réactions. Certains constructeurs automobiles se sont déjà plaints de l’irréalisme de l’interdiction de 2035, compte tenu du faible taux d’adoption des véhicules électriques par les consommateurs européens. Cependant, des entreprises comme Volvo et Polestar, pionnières de l’électrification, ainsi que de nombreux acteurs ayant déjà investi massivement dans les technologies propres, s’opposent fermement à tout revirement.

La Commission européenne a indiqué en septembre qu’elle allait accélérer la révision de ses projets afin d’apporter plus de clarté aux constructeurs. Le vice-président de la Commission, Stéphane Séjourné, a récemment déclaré que l’UE était prête à faire preuve de « flexibilité » dans la mise en œuvre de l’élimination progressive des moteurs thermiques, avant une annonce attendue le 10 décembre. Interrogée à ce sujet, la porte-parole de la Commission, Paula Pinho, a affirmé que l’institution prendrait en compte la position du gouvernement allemand après avoir étudié l’ensemble des contributions reçues dans le cadre de la consultation publique, qui s’est achevée le 10 octobre.

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