Publié le 10 janvier 2024 à 21h07. L’ancien patron d’Opel, Michael Lohscheller, désormais à la tête du constructeur suédois de véhicules électriques Polestar, ambitionne de conquérir le marché allemand, considéré comme crucial pour la croissance de la marque face à la concurrence des géants automobiles locaux.
- Michael Lohscheller, PDG de Polestar depuis l’automne 2024, met l’Allemagne au cœur de sa stratégie.
- Polestar vise à accroître sa visibilité et ses ventes en Allemagne, en s’inspirant du succès rencontré au Royaume-Uni.
- Lohscheller critique le manque de clarté de la politique européenne en matière de transition vers les véhicules électriques.
Michael Lohscheller ne cache pas ses ambitions pour Polestar sur le marché allemand. L’ancien dirigeant d’Opel, arrivé aux commandes du constructeur suédois spécialisé dans les véhicules électriques en septembre 2024, estime que l’Allemagne est une étape essentielle pour la croissance de la marque. Actuellement, seulement 25 000 véhicules Polestar circulent sur les routes allemandes, un chiffre modeste comparé aux 49,3 millions d’automobiles immatriculées dans le pays.
« En Allemagne, on ne voit pas encore Polestar dans les rues », a déclaré le dirigeant dans un entretien. Pour y remédier, Polestar s’inspirera du modèle britannique, où environ 50 000 véhicules de la marque sont déjà en circulation. Lohscheller prévoit de renforcer le réseau de distribution en s’appuyant sur un partenariat avec l’ancienne maison mère, Volvo, et de renforcer la présence globale de la marque.
Fondée en 2017, Polestar est une jeune marque qui a connu une croissance rapide l’année dernière, avec une augmentation d’environ un tiers de ses ventes, atteignant 60 000 véhicules. À moyen terme, l’objectif est de dépasser les 100 000 unités vendues. Lohscheller compte capitaliser sur ce dynamisme pour positionner Polestar comme un concurrent sérieux des marques allemandes premium telles que Mercedes, BMW, Audi et Porsche.
« Le fait que nous vendions plus de véhicules électriques que Porsche en Europe est une grande réussite pour nous », a-t-il souligné.
Cependant, Lohscheller critique également le « virage » de la Commission européenne en matière de transition énergétique. Il déplore un manque de clarté et d’investissement, ainsi qu’une incertitude croissante pour les consommateurs. « Pendant que nous débatons, personne n’attend l’Europe », a-t-il affirmé, soulignant la rapidité des progrès de l’industrie automobile chinoise. La Chine a considérablement rattrapé son retard et la concurrence est devenue « folle », selon ses termes.
Pour que l’industrie automobile allemande et européenne restent compétitives, Lohscheller insiste sur la nécessité d’une vision claire et d’une accélération de la transformation vers les véhicules électriques. Il met en garde contre les retards qui pourraient nuire à la compétitivité et menacer les emplois. Sa conclusion est sans appel : « L’avenir est sans émissions ».
