Home NouvellesL’ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko accusée de corruption : rapport | Guerre Russie-Ukraine

L’ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko accusée de corruption : rapport | Guerre Russie-Ukraine

by Nicolas Lefèvre

L’ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko est au centre d’une enquête pour corruption, accusée d’avoir orchestré un système de pots-de-vin pour influencer les votes au Parlement. L’affaire, révélée par le Bureau national anti-corruption (NABU), intervient alors que Kiev intensifie sa lutte contre la corruption, condition essentielle à son adhésion à l’Union européenne.

Selon un communiqué publié mercredi sur Telegram, le NABU a déposé une plainte pour corruption contre la dirigeante d’un parti d’opposition, suite à la dénonciation, le mois dernier, de plusieurs législateurs impliqués dans un complot « systémique » visant à obtenir des paiements en échange de votes. « Il ne s’agissait pas d’accords ponctuels, mais d’un mécanisme de coopération régulier prévoyant des paiements anticipés et conçu pour une période à long terme », a précisé le NABU.

Une source proche du dossier, citée par l’agence Reuters, a confirmé que Ioulia Timochenko faisait l’objet d’une enquête. Des perquisitions ont été menées par les agents du Bureau du procureur spécialisé anti-corruption (SAPO) et du NABU dans les bureaux du parti politique de Timochenko, Batkivshchyna (Patrie), a également indiqué un porte-parole du SAPO aux médias ukrainiens. Timochenko a été inculpée dans le cadre de cette affaire.

La figure emblématique de la Révolution orange de 2004, qui a occupé le poste de Première ministre en 2005 et de 2007 à 2010, a nié « toutes les accusations » sans toutefois aborder spécifiquement les détails de l’enquête. Sur Facebook, elle a affirmé son intention de laver son nom devant les tribunaux.

L’influence politique de Timochenko a diminué ces dernières années, son parti Patrie ne comptant actuellement qu’une vingtaine de sièges sur les 450 du Parlement ukrainien. Cette enquête s’inscrit dans une campagne anticorruption plus large qui a déjà touché plusieurs hauts responsables et législateurs de l’opposition.

L’affaire intervient dans un contexte de pression internationale sur l’Ukraine pour qu’elle intensifie sa lutte contre la corruption, une condition sine qua non pour son intégration à l’Union européenne. En novembre dernier, le NABU et les procureurs anticorruption avaient déjà révélé un prétendu stratagème de pots-de-vin de 100 millions de dollars (environ 93 millions d’euros) dans le secteur de l’énergie, impliquant un ancien associé du président Volodymyr Zelenskyy.

En juillet dernier, le président Zelenskyy avait adopté une loi visant à limiter l’indépendance des agences anticorruption du pays, suscitant de vives protestations. Suite aux révélations de novembre et aux manifestations qui ont suivi, il a cependant appelé à une pleine coopération dans l’enquête, affirmant dans un discours télévisé que toute personne impliquée dans des affaires de corruption devait « recevoir une réponse juridique claire. Il doit y avoir des verdicts pénaux ».

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