Publié le 10 octobre 2025 à 06h07. La sélection anglaise de football, sous la direction de Thomas Tuchel, a impressionné en écrasant le Pays de Galles 3-0 dans un match amical, révélant une cohésion d’équipe et une approche tactique prometteuses à l’approche de la Coupe du monde.
- La victoire 3-0 contre le Pays de Galles (30e au classement FIFA) met en évidence une amélioration notable de la cohésion et de la synchronisation de l’équipe anglaise.
- Thomas Tuchel semble s’inspirer de la philosophie de Gareth Southgate en créant un environnement de type “club” au sein de l’équipe nationale, tout en y ajoutant une dimension tactique plus prononcée.
- L’importance accordée à l’esprit d’équipe et à la complémentarité des joueurs, plutôt qu’à la simple accumulation de talents individuels, est au cœur de la stratégie de Tuchel.
La victoire confortable face au Pays de Galles, acquise sur le score de 3-0, doit être analysée avec prudence. Les matchs amicaux sont souvent trompeurs, capables d’engendrer un optimisme excessif ou, au contraire, de minimiser l’importance des lacunes. Néanmoins, la performance de l’Angleterre jeudi soir a laissé entrevoir des signes encourageants, notamment une cohésion grandissante et une familiarité croissante entre les joueurs.
Gareth Southgate, prédécesseur de Tuchel, avait déjà mis l’accent sur la création d’un environnement stable et cohérent au sein de l’équipe nationale. Tuchel semble poursuivre cette voie, en cherchant à instaurer un esprit de corps similaire, mais avec une approche tactique plus sophistiquée, essentielle pour relever les défis de la Coupe du monde à venir. Avant le match, Tuchel a d’ailleurs souligné l’importance de l’esprit d’équipe :
« Je viens de regarder un documentaire sur les New England Patriots (équipe de football américain) et j’y ai vu une citation : ‘Nous ne rassemblons pas les joueurs les plus talentueux, nous construisons une équipe’. Je ne pourrais pas être plus d’accord. C’est ce que nous essayons de faire. »
La titularisation de Morgan Rogers et d’Ollie Watkins, malgré un début de saison difficile en club avec Aston Villa, a pu surprendre certains. Pourtant, les deux joueurs se sont distingués dès les premières minutes, participant activement aux actions offensives anglaises. Rogers, en particulier, a marqué son premier but de la saison, démontrant une vivacité et une intelligence de jeu qu’il n’avait pas encore pu exprimer en Premier League.
L’apport des latéraux, Djed Spence et Ezri Konsa, a également été déterminant. Leurs courses offensives ont créé des espaces importants pour les ailiers, Anthony Gordon et Bukayo Saka, leur permettant de se projeter vers l’avant et de mettre en difficulté la défense galloise. C’est ainsi que Saka a pu inscrire un magnifique but, enroulant le ballon du pied gauche après une course de Konsa.
Cette harmonie offensive témoigne de la fluidité du jeu anglais, même en l’absence de joueurs clés comme Jude Bellingham, Phil Foden, Harry Kane et Jack Grealish. Tuchel a insisté sur l’adhésion de l’équipe à ses idées :
« Tout le mérite revient à l’équipe car elle a adhéré aux idées au cours du dernier jour et demi et (elle s’est adaptée) aux changements que nous avons dû apporter car jusqu’à présent, nous n’avons joué que contre des blocs profonds – c’était la première fois que nous étions pressés haut. »
La complémentarité entre Declan Rice et Elliot Anderson au milieu de terrain est également un point fort. Les deux joueurs se relaient pour assurer la couverture défensive et soutenir les offensives, créant un équilibre précieux dans l’équipe. L’un des deux se lance dans des duels avancés tandis que l’autre assure la protection de son partenaire.
Au-delà de la capacité à marquer, l’Angleterre a impressionné par sa capacité à récupérer le ballon rapidement après l’avoir perdu. Un pressing agressif est immédiatement mis en place, et lorsque celui-ci ne suffit pas, l’équipe se replie de manière structurée. Ces qualités sont caractéristiques d’une équipe bien entraînée et engagée dans la philosophie de son entraîneur.
Tuchel s’est félicité de la performance de ses joueurs :
« Nous avons effectué quatre changements aujourd’hui, et ils ont été excellents. Je n’ai ressenti aucune interruption dans notre flux et dans la façon dont nous avons pressé. L’équipe s’est poussée et a adhéré à l’idée. Ils adorent l’idée de s’en prendre à leurs adversaires. Pour le moment, c’est très intense, c’est très exigeant, mais c’est très efficace, et ils le font à un niveau élevé. »
L’Angleterre a peut-être atteint la finale de l’Euro l’été dernier, mais ses performances ont manqué de constance. Tuchel semble vouloir éviter les erreurs du passé en privilégiant l’esprit d’équipe et la cohésion. L’ancien capitaine anglais, Steven Gerrard, a récemment rappelé l’importance de ces valeurs, critiquant le manque de connexion entre les joueurs de la “génération dorée” :
« Je pense que c’est à cause de la culture anglaise que nous n’avons jamais été tous connectés. Tous trop dans nos chambres. Nous n’étions ni amicaux ni connectés. Nous n’étions pas une équipe. Nous ne sommes jamais devenus, à aucun moment, une équipe vraiment bonne et forte. »
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Tuchel met tout en œuvre pour que ses joueurs ne répètent pas les erreurs du passé. La performance de jeudi soir a confirmé que le collectif est souvent plus important que la somme des individualités. L’équipe anglaise semble sur la bonne voie pour aborder la Coupe du monde avec confiance et ambition.
Anderson a bien joué au milieu de terrain (Mike Hewitt/Getty Images)
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