Publié le 1er décembre 2025. En réponse à des déclarations du Premier ministre japonais Sanae Takaichi concernant la situation à Taïwan, Pékin a mis en œuvre une série de mesures de rétorsion, dont un appel au boycott des voyages au Japon, une initiative qui semble avoir un impact limité sur l’économie japonaise.
- Le Parti communiste chinois (PCC) a annoncé l’annulation de 540 000 billets d’avion pour le Japon.
- Des experts estiment que cette mesure pénalise davantage les entreprises et les citoyens chinois que le Japon.
- L’efficacité de cette “interdiction de voyager” est remise en question, de nombreux Chinois disposant de visas à entrées multiples continuant à voyager au Japon.
Les mesures de rétorsion chinoises, lancées suite aux remarques du Premier ministre japonais Sanae Takaichi évoquant une situation particulière à Taïwan, se traduisent principalement par un appel à éviter les voyages au Japon. Le PCC a officiellement annoncé l’annulation de 540 000 billets d’avion, une décision qui suscite des interrogations quant à son réel impact.
Selon Akio Yaita, un analyste des médias, cette initiative est plus une auto-sanction qu’une véritable punition infligée au Japon. Il cite un article du magazine japonais Weekly Diamond qui démontre que l’annulation de ces billets a un effet économique marginal sur le Japon.
« Plutôt que de punir le Japon, il vaut mieux dire que le gouvernement chinois punit ses propres entreprises et son peuple. »
Yusuke
L’annulation de ces 540 000 billets ne représente en réalité qu’environ 270 000 passagers, un chiffre modeste comparé aux 8,2 millions de touristes chinois ayant visité le Japon entre janvier et octobre de cette année, soit une moyenne de 820 000 visiteurs par mois. De plus, le secteur touristique japonais connaît actuellement une affluence importante, et les sites les plus populaires sont déjà saturés.
L’analyse de Yaita Akio met également en lumière la nature des circuits touristiques concernés par ces annulations. Il s’agit principalement de voyages à très bas prix, d’une durée de six jours et cinq nuits, pour un coût d’environ 2 000 yuans (environ 280 euros). Ces séjours se caractérisent par un hébergement dans des hôtels modestes en périphérie des villes, des repas de style chinois et des visites rapides, souvent limitées à des “vues par la fenêtre”, ainsi que des achats dans des boutiques hors taxes appartenant à des entreprises chinoises. En d’autres termes, les touristes chinois arrivent au Japon, mais les retombées économiques pour le pays restent limitées.
Enfin, Yaita souligne un changement d’attitude au sein de la société chinoise. Après la pandémie et un ralentissement économique, une partie de la population chinoise exprime une méfiance croissante envers le gouvernement et ne souhaite plus se laisser influencer par les recommandations des autorités. La possibilité pour les détenteurs de visas à entrées multiples de continuer à voyager au Japon, ainsi que la poursuite de la vente de billets par les compagnies aériennes japonaises et hongkongaises, confirment la portée limitée de cette “interdiction de voyager” décrétée par Pékin.
