Home Affaires“L’appel peut les faire exploser.” L’amendement « Sauvons Miche »

“L’appel peut les faire exploser.” L’amendement « Sauvons Miche »

by Amélie Bernard

Florence, le 15 novembre 2025. La réforme de la carte scolaire en Toscane suscite une vive opposition, avec une mobilisation croissante des syndicats et une action juridique de la Région auprès du Président de la République pour contester les fermetures et regroupements d’établissements prévus.

  • La Région Toscane a déposé un recours extraordinaire auprès du Président de la République contre les 16 fusions scolaires prévues pour 2025-2026.
  • Le gouvernement a présenté un amendement, baptisé « Sauver Michel-Ange », prévoyant la création d’un fonds de 300 millions d’euros par an à partir de 2026 pour lutter contre la baisse des effectifs scolaires.
  • Une manifestation organisée par le CGIL est prévue ce matin sur la Piazza Duomo, devant le siège du conseil régional.

L’annonce de ces fusions scolaires a déclenché une vague de protestations en Toscane. La Région, estimant que le projet est préjudiciable aux élèves, au personnel et aux communautés locales, a choisi de saisir le Président de la République, une démarche alternative à un recours devant le Tribunal Administratif Régional (TAR). Selon l’avocate Isetta Barsanti Mauceri, spécialiste du droit scolaire, ce recours permet de soumettre directement le dossier à l’examen du chef de l’État.

« C’est un recours alternatif au recours au TAR. Aujourd’hui, le Président n’intervient que dans la phase finale, mettant en œuvre par son propre décret la décision qui résulte de l’enquête ministérielle et de l’avis obligatoire du Conseil d’Etat », explique Maître Barsanti Mauceri. « Le recours doit être présenté dans un délai de 120 jours et est géré entièrement par courrier électronique certifié. Le Ministère instruit le cas, le transmet au Conseil d’Etat et propose ensuite le décret final conformément à l’avis. La Région vise à retirer le décret, jugé préjudiciable aux étudiants, au personnel et aux communautés locales. »

La procédure, bien que désormais accélérée par la digitalisation, reste complexe et ne dispose pas de délais fixes. Elle comprend une enquête ministérielle, l’avis du Conseil d’État, la préparation du décret et enfin, la signature du Président de la République. Le Président Mattarella ne peut pas modifier le décret, mais seulement l’accepter ou le rejeter. Si le recours de la Région est accepté, le décret pourrait être annulé en tout ou en partie, ce qui remettrait en question les fusions prévues pour l’année prochaine.

Parallèlement au recours de la Région, le syndicat Flc CGIL Toscane a déposé un appel “ad adiuvandum”, c’est-à-dire un appel de soutien. « La Région vise à faire annuler le décret à plusieurs niveaux, y compris constitutionnel », précise l’avocate. « La CGIL intervient pour soutenir le recours, sans présenter de recours indépendant. Le syndicat met en avant les intérêts du personnel enseignant, de l’ATA et de la DSGA. »

Les conséquences de ces fusions pour le personnel scolaire sont au cœur des préoccupations. Le maintien des autonomies actuelles permettrait d’éviter les situations de régences multiples, la création de postes surnuméraires et la fusion de services administratifs, garantissant ainsi une plus grande stabilité organisationnelle et la protection des compétences spécifiques de chaque établissement.

Au-delà des implications pour le personnel, l’annulation des fusions garantirait également la continuité des projets pédagogiques, des orientations et de l’identité de chaque école, tout en préservant leur ancrage territorial et leur valeur patrimoniale, culturelle, sociale et éducative.

Elettra Gullè

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