Home AffairesL’appétit pour le risque reste fragile au milieu de la géopolitique et de la rhétorique de Trump

L’appétit pour le risque reste fragile au milieu de la géopolitique et de la rhétorique de Trump

by Amélie Bernard

Les marchés financiers sont en état d’alerte face à une conjonction de facteurs géopolitiques et économiques, propulsant l’or et l’argent vers des sommets historiques tandis que le pétrole oscille sous l’influence des déclarations de Donald Trump. L’incertitude plane également sur les prochaines décisions de la Réserve fédérale américaine et la politique monétaire japonaise.

L’or a atteint un nouveau record, porté par les tensions internationales et la dispute ouverte entre le président américain et le président de la Fed, Jerome Powell. L’argent, quant à lui, a grimpé à 91,54 $ (environ 85 €), affichant une hausse de 26 % depuis le début de l’année 2026, et bénéficie d’un regain d’intérêt spéculatif.

Le prix du pétrole a brièvement atteint son plus haut niveau depuis deux mois, testant la résistance à 61,62 $ (environ 57 €) le baril, avant de se stabiliser. Ce mouvement était en partie alimenté par une nouvelle attaque de drone en mer Noire et par une rhétorique belliqueuse de la part de Donald Trump. Cependant, la hausse s’est interrompue après que le président américain a exprimé son souhait de voir le prix du pétrole se stabiliser autour de 53 $ (environ 49 €) le baril. Cette déclaration soulève des interrogations quant à ses motivations : s’agit-il de nuire aux producteurs russes ou de préparer les élections de mi-mandat de novembre en maintenant des prix bas ? La plupart des puits de schiste ne sont pas rentables à ce niveau de prix.

La situation géopolitique reste tendue, notamment en Iran, où la répression des manifestations se poursuit. Donald Trump a annoncé son soutien aux manifestants, mais les experts craignent qu’une intervention militaire ne risque de radicaliser la population et de renforcer le régime en place.

Par ailleurs, les marchés attendent avec impatience la décision de la Cour suprême des États-Unis concernant les droits de douane. Une décision favorable à Trump lui permettrait d’utiliser plus largement les tarifs douaniers, y compris pour des projets controversés comme l’acquisition du Groenland. Une décision défavorable pourrait entraîner une aversion au risque et forcer le président à obtenir l’approbation du Congrès pour imposer de nouveaux droits de douane, limitant ainsi sa marge de manœuvre.

Des signes d’apaisement sont apparus sur le front commercial entre les États-Unis et la Chine, avec des informations selon lesquelles Washington faciliterait l’exportation de puces H200 par Nvidia vers la Chine.

La Réserve fédérale américaine est également sous le feu des critiques de Donald Trump. Malgré les attaques répétées du président, la plupart des membres du Comité fédéral de l’ouverture des marchés (FOMC) semblent soutenir Jerome Powell. Les discours des responsables de la Fed, notamment ceux des présidents régionaux Williams, Bostic, Kashkari et Paulson, ainsi que de la membre du conseil d’administration Miran, seront scrutés à la recherche d’indices sur la politique monétaire future.

Les données économiques publiées récemment n’ont pas eu d’impact majeur sur les anticipations d’un assouplissement de la politique monétaire de 54 points de base en 2026, avec un premier assouplissement envisagé en juillet. L’attention se porte désormais sur les chiffres des ventes au détail et les résultats des banques américaines.

Enfin, le yen japonais est sous pression, avec le dollar/yen atteignant des niveaux jamais vus depuis 1999 et entrant dans la zone d’intervention. Cette situation est liée aux anticipations d’élections anticipées au Japon, le 8 février, et à la hausse des rendements obligataires japonais. Une intervention de la Banque du Japon ou un revirement de la décision de convoquer de nouvelles élections pourraient stabiliser la situation.

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