À l’issue de la 44e réunion des ministres de l’Énergie de l’ASEAN à Manille, les États membres se sont mis d’accord pour accélérer le Réseau Énergétique de l’ASEAN et stimuler les investissements dans le solaire, l’éolien et le transport d’électricité transfrontalier.
Les ministres de l’Énergie de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ont conclu le 7 octobre 2026 à Pasay City leur 44e réunion officielle, dite AMEM, sous la présidence de la secrétaire philippine à l’Énergie, Sharon Garin, avec le ministre singapourien du Commerce et de l’Industrie, Dr. Tan See Leng, comme vice-président selon le BusinessWorld Online. Les délégations régionales cherchent à transformer des engagements politiques de longue date en projets de infrastructure tangibles.
Face aux flambées des cours pétroliers qui ont vu les importateurs essuyer d’importants surcoûts au plus fort de la crise, la région tente de sécuriser son avenir énergétique par la production locale et le partage de capacités.
L’accélération du Réseau Énergétique de l’ASEAN et le mémorandum contraignant
La pièce maîtresse des discussions de Manille demeure le Réseau Énergétique de l’ASEAN, ou APG.
La secrétaire Sharon Garin a souligné l’adhésion de l’ensemble des pays membres, y compris ceux dont les paraphes manquaient initialement lors de la réunion ministérielle :

Sharon Garin a déclaré au BusinessMirror : « Notre réalisation majeure a donc été que tous les pays se sont mis d’accord, y compris ceux qui n’avaient pas signé lors de cette réunion, qu’ils adhèrent à l’APG et qu’en temps voulu, assez rapidement, ils signeront et enverront l’accord signé à l’ASEAN. »
Pour les Philippines, ce réseau interconnecté permettra d’importer de l’électricité voisine en cas de tension sur l’offre nationale ou, à l’inverse, d’exporter des excédents une fois les parcs renouvelables développés. La liaison la plus proche que nous devons établir serait soit la Malaisie, soit l’Indonésie, soit les deux
, a précisé Garin.
Le goulet d’étranglement financier et les besoins massifs d’investissement jusqu’en 2060
Le Centre de l’Énergie de l’ASEAN a officiellement publié le rapport sur l’investissement énergétique 2026 lors du Forum commercial de l’énergie de l’ASEAN, ou AEBF-26, organisé en marge de l’AMEM au Centre international de conventions des Philippines selon The Manila Times. Intitulé Mobiliser des capitaux pour la sécurité énergétique, la résilience et la connectivité dans l’ASEAN
, le document chiffre à environ 405 milliards de dollars par an le déficit d’investissement à combler d’ici 2060 pour répondre à une demande électrique progressant de 4,2 % par an.

Le total des besoins d’investissements cumulés s’élève à 14 300 milliards de dollars d’ici 2060, la production d’électricité et les transports représentant respectivement 80 % et 17 % de cette enveloppe. S’exprimant lors du lancement, le directeur exécutif du centre, Dato’ Ir. Ts. Razib Dawood, a rappelé que le problème ne résidait pas dans le manque d’ambition politique mais bien dans le coût du capital.
Le défi colossal du quadruplement des capacités renouvelables face aux avertissements des experts
L’ASEAN ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 30 % de son approvisionnement énergétique primaire total et à 45 % de sa puissance électrique installée d’ici 2030