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Technologie et science

L’astérix : le premier satellite français tourne toujours

Soixante ans après son lancement depuis le désert algérien, le premier satellite français, Astérix, continue de tourner silencieusement autour de la Terre.

L'astérix : le premier satellite français tourne toujours

Soixante ans après son lancement depuis le désert algérien, le premier satellite français, Astérix, continue de tourner silencieusement autour de la Terre. Malgré une défaillance de ses antennes qui l’a réduit au silence dès novembre 1965, l’engin a permis à la France de s’imposer comme la troisième puissance spatiale autonome.

L’histoire de la conquête spatiale française s’est jouée dans le silence du Sahara. Ce tir audacieux visait à prouver qu’un État européen pouvait rivaliser avec les superpuissances de l’époque que constituaient les États-Unis et l’Union soviétique.

Hammaguir et le programme militaire Pierres précieuses

La base d’Hammaguir, exploitée par le Centre interarmées d’essais d’engins spéciaux, offrait l’isolement nécessaire pour absorber les risques d’un programme expérimental. Sous l’impulsion du général Charles de Gaulle, la France cherchait à acquérir une indépendance stratégique totale grâce à un lanceur capable de placer un objet en orbite.

Entre 1959 et 1963, le site s’est doté de quatre aires de tir aux prénoms féminins bien distincts, chacune dédiée à une filière technologique. L’aire Brigitte, la plus importante de toutes, abritait les infrastructures pour les puissants missiles balistiques de la SEREB ainsi que le lanceur Diamant. C’est précisément depuis cette rampe que le lanceur a arraché le premier satellite français à la pesanteur.

Le lancement réussi du satellite Astérix et la surprise des radars

Conçu par la société Matra pour un contrat militaire de la Délégation ministérielle pour l’armement, le satellite A-1 pesait entre 39 et 42 kg pour une hauteur de 54 centimètres et un diamètre de 55 centimètres. Arborant une forme originale de deux cônes assemblés, il a été rebaptisé Astérix après la validation de sa mission, en hommage au célèbre personnage de bande dessinée. Sa tâche principale consistait à valider la fiabilité du lanceur Diamant, et non à mener des expériences scientifiques.

Le succès fut immédiat : la France accédait au rang de troisième puissance spatiale autonome au monde, et sixième nation à posséder un satellite en orbite. Une anecdote pour le moins surprenante a toutefois marqué ce vol : une simple clé de 8 millimètres, oubliée par erreur dans la fusée, s’est retrouvée propulsée en orbite aux côtés du satellite, perturbant brièvement les radars américains qui détectaient alors deux objets distincts.

Un silence radio immédiat et un compte à rebours diplomatique

La victoire a failli tourner court. Lors du largage de la coiffe protectrice, un incident a endommagé les quatre antennes d’Astérix, le rendant instantanément muet. Incapable d’émettre son signal radio, ce « bip-bip » français a cessé d’émettre le 28 novembre 1965, soit seulement deux jours après son départ. Seuls les radars de suivi terrestres ont permis de certifier que l’objet s’était correctement inséré en orbite.

L'astérix : le premier satellite français tourne toujours

Ce triomphe technique intervenait en outre sous la contrainte d’un calendrier politique implacable. En vertu des accords d’Évian signés le 18 mars 1962, la France disposait de cinq ans maximum pour quitter ses bases sahariennes après l’indépendance de l’Algérie. Le ministre des Armées Pierre Messmer avait acté dès le 4 juillet 1962 le transfert des essais vers Biscarrosse, dans les Landes, programmé au plus tard pour le 1er juillet 1967. Plutôt que de s’installer sous un régime de bail proposé par Alger, Paris a préféré plier bagage pour s’établir durablement en Guyane à partir de 1964, donnant naissance au Centre spatial guyanais.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.