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L’augmentation de l’impôt sur les dividendes pourrait atteindre la Cour constitutionnelle

by Nicolas Lefèvre

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une augmentation controversée de l’impôt sur les dividendes, prévue en Bulgarie pour l’année prochaine, risque de créer une inégalité fiscale entre les actionnaires bulgares et les investisseurs étrangers, en raison des accords bilatéraux de non-double imposition.

  • Le gouvernement bulgare prévoit de doubler l’impôt sur les dividendes, passant de 5 % à 10 %.
  • Cet impôt plus élevé ne s’appliquerait pas aux investisseurs étrangers bénéficiant d’accords de non-double imposition avec la Bulgarie.
  • Des experts juridiques craignent que cette discrimination ne soit contestée devant la Cour constitutionnelle.

L’annonce d’un doublement de l’impôt sur les dividendes, de 5 % à 10 % (soit une augmentation de 100 %), a suscité de vives inquiétudes parmi les conseillers fiscaux et les investisseurs en Bulgarie. Si cette mesure devait être adoptée, elle ne concernerait que les citoyens et les entreprises bulgares percevant des dividendes, épargnant les investisseurs étrangers grâce aux accords bilatéraux conclus par le pays pour éviter la double imposition.

Selon Martin Jelyazkov, consultant en investissement, la plupart de ces accords fixent un plafond de 5 % pour l’imposition des dividendes. Il explique que ces accords, relevant du droit international, prévalent sur la législation nationale.

« La plupart des accords de double imposition que la Bulgarie a conclus avec d’autres pays fixent une limite maximale de 5% du taux d’imposition des dividendes. Ces accords font partie du droit international qui prévaut sur la législation locale. Autrement dit, même si à l’Assemblée nationale les députés acceptent une augmentation de l’impôt sur les dividendes de 5 à 10%, l’application du taux de 10% ne s’appliquera effectivement qu’aux Bulgares, tandis que les étrangers pourront bénéficier d’un allégement fiscal en vertu des accords pour éviter la double imposition et continueront à payer seulement 5% de dividendes. fiscale »

Martin Jelyazkov, consultant en investissement

Cette situation créerait une discrimination à l’égard des actionnaires bulgares, les plaçant dans une position fiscale moins favorable. M. Jelyazkov souligne que cette disparité pourrait violer plusieurs dispositions de la Constitution bulgare concernant l’égalité devant la loi, indépendamment de la nationalité, et l’égalité dans l’activité économique.

La Bulgarie entretient plus de 70 accords visant à éviter la double imposition avec des pays d’Europe de l’Union, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), d’Amérique du Nord, d’Asie, des Balkans et du Moyen-Orient. Avec la plupart de ses principaux partenaires commerciaux, tels que les pays de l’UE, les États-Unis et le Royaume-Uni, les accords prévoient un taux maximal de 5 % pour les dividendes perçus par les résidents de l’autre État contractant, sous certaines conditions (détention d’au moins 10 % des actions avec droit de vote, ou un taux de 10 % pour une participation plus faible). Des exceptions existent, comme l’Autriche, où l’imposition des dividendes des particuliers est plafonnée à 5 %, tandis qu’elle est nulle pour les entreprises.

M. Jelyazkov estime qu’une renégociation de ces nombreux accords internationaux est pratiquement impossible, car les autres États n’auraient aucun intérêt à accepter des conditions moins favorables pour leurs entreprises et leurs citoyens. Il souligne également que cette renégociation prendrait des années et pourrait engendrer des tensions diplomatiques. Il critique le ministère des Finances pour ne pas avoir anticipé ce conflit avec les traités existants.

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