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L’avenir de son parti BSW est incertain

by Clara Dubois

Publié le 7 décembre 2025 à 19h29. Sahra Wagenknecht, figure fondatrice du parti BSW, prend du recul de la présidence, laissant derrière elle un paysage politique interne agité et des interrogations sur l’avenir de la formation.

  • Sahra Wagenknecht quitte la présidence du BSW, mais entend conserver une influence via une nouvelle commission des valeurs fondamentales.
  • Des tensions internes sont apparues lors de la conférence du parti à Magdebourg, notamment concernant la stratégie du BSW dans les Länder où il participe aux coalitions gouvernementales.
  • Le parti espère obtenir une représentation au Bundestag en contestant les résultats des dernières élections fédérales devant la Cour constitutionnelle.

La conférence du parti de l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) à Magdebourg a été marquée par un paradoxe : une célébration enthousiaste du départ de sa fondatrice, Sahra Wagenknecht, de la présidence, et une mise en lumière des profondes divisions qui minent la formation politique.

L’entrée de Wagenknecht dans la salle, aux côtés de son mari Oskar Lafontaine, a été saluée par une ambiance théâtrale, avec musique dramatique et applaudissements prolongés. Pourtant, sous cette façade de consensus apparent, des luttes de pouvoir et des désaccords stratégiques se sont révélés.

Wagenknecht a démissionné de son poste de chef, mais entend rester active en dirigeant une commission dédiée aux valeurs fondamentales du parti. Ses proches collaborateurs, Amira Mohamed Ali et Fabio De Masi, ont été élus à la direction du parti avec des scores confortables : 93,3 % des voix pour De Masi et 82,6 % pour Mohamed Ali. Oliver Ruhnert, ancien responsable d’un club de football de Bundesliga, a été nommé secrétaire général, avec pour mission de renforcer la visibilité du BSW.

Dans son discours, Wagenknecht a réaffirmé ses positions tranchées, critiquant notamment le chancelier Friedrich Merz et dénonçant ce qu’elle considère comme une dérive idéologique en Allemagne. Elle a également adressé des avertissements sévères aux critiques au sein du parti, en particulier en Thuringe et dans le Brandebourg, où le BSW participe aux gouvernements régionaux.

« Former une coalition signifie ne pas céder, mais plutôt représenter avec confiance les intérêts de nos électeurs. »

Sahra Wagenknecht

Ces critiques visaient principalement Katja Wolf, ministre des Finances de Thuringe et vice-Première ministre, et Steffen Schütz, ministre de l’Infrastructure et du Numérique. Tous deux prônent une approche pragmatique et justifient leur participation aux coalitions gouvernementales par la nécessité de maintenir un rempart contre le parti d’extrême droite AfD.

Steffen Schütz a rétorqué que l’opposition ne se pratique pas en « chassant ses propres critiques comme des chiens dans la cour », mais en agissant au sein des assemblées régionales. Il a souligné que le BSW avait obtenu près de 16 % des voix en Thuringe et a dénoncé les huées qu’il a subies de la part de certains délégués. Il a finalement renoncé à se présenter comme vice-président du parti.

Le BSW entend également contester les résultats des dernières élections fédérales devant la Cour constitutionnelle fédérale, estimant qu’il y a eu des erreurs de comptage. Le parti avait manqué de peu le seuil des 5 % (un peu plus de 9 500 voix) pour être représenté au Bundestag. Le parti avait déjà échoué de peu à franchir cette barre.

Les sondages d’opinion ne sont pas favorables au BSW, qui oscille actuellement entre 3 et 4 % des intentions de vote. Wagenknecht elle-même reconnaît que le parti traverse une période difficile. Elle a insisté sur le fait qu’elle ne compte pas pour autant se retirer de la scène politique et a averti les partis établis :

« Ne vous énervez pas trop tôt. Vous devrez compter avec moi dans la politique allemande pendant encore longtemps. »

Lors de la conférence du parti, le nom du BSW a été modifié pour devenir « Alliance pour la justice sociale et la raison économique ». Cette décision marque une nouvelle étape dans l’éloignement de Sahra Wagenknecht par rapport à son propre parti.

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