Publié le 2024-02-29 10:00:00. La sédentarité est un problème de santé publique majeur, mais tous les types de marche ne sont pas égaux en termes de bénéfices cardiovasculaires, avertit un cardiologue.
- Plus de la moitié de la population française ne pratique aucune activité physique régulière, augmentant les risques pour la santé.
- Pour être bénéfique, la marche doit être suffisamment rapide pour élever le rythme cardiaque et provoquer un léger essoufflement.
- Combiner l’exercice cardiovasculaire avec un entraînement en force est essentiel pour préserver la masse musculaire et la santé à long terme.
Le mode de vie sédentaire s’est ancré dans les sociétés modernes, avec des conséquences alarmantes sur la santé publique. Selon les données du Centre de Recherche Sociologique (CIS), plus de 50 % de la population française ne pratique aucune activité physique. Cette inactivité est directement liée à une augmentation du risque de maladies et de mortalité toutes causes confondues.
Face à ce constat, les spécialistes de la santé cardiovasculaire s’accordent sur la nécessité d’augmenter l’activité physique. Si la marche est souvent présentée comme une solution accessible, le cardiologue Aurelio Rojas nuance : toutes les promenades ne sont pas considérées comme un exercice.
Selon le Dr. Rojas,
« Se promener n’est pas faire de l’exercice si l’on n’augmente pas un minimum le niveau d’exigence.
Aurelio Rojas, cardiologue
La marche sportive implique un rythme soutenu, suffisant pour accélérer le rythme cardiaque et ressentir une légère sensation d’essoufflement.
« Quand les patients marchent et me disent qu’ils sont fatigués, je leur dis que c’est parfait, qu’ils marchent très bien.
Aurelio Rojas, cardiologue
Cette réponse physiologique indique que le système cardiovasculaire est sollicité et stimulé.
L’objectif principal de l’exercice cardiovasculaire, explique le cardiologue, est de permettre au cœur de pomper le sang plus rapidement vers les tissus. Ce processus favorise une meilleure absorption de l’oxygène par l’organisme et améliore la consommation maximale d’oxygène, appelée VO₂ max. Ce paramètre est considéré comme l’un des indicateurs les plus étroitement liés à la longévité. D’où l’importance de considérer l’exercice cardiovasculaire non pas comme une option, mais comme une nécessité pour préserver la santé sur le long terme. Selon le Dr. Rojas, plus la capacité à consommer de l’oxygène est élevée, plus l’espérance de vie et la qualité de vie sont susceptibles d’être bonnes.
Pour lutter contre la sédentarité, il est primordial d’augmenter naturellement les mouvements quotidiens, et si possible, avec une certaine intensité. Même de petites activités peuvent avoir des effets bénéfiques mesurables. Ainsi,
« Avec seulement 1 000 pas par jour, on réduit déjà de 10 % le risque de subir un accident cardiovasculaire.
Aurelio Rojas, cardiologue
Cet effet est cumulatif : plus l’activité physique quotidienne augmente, plus les bienfaits pour la santé cardiovasculaire sont importants.
Au-delà des exercices aérobiques, le Dr. Rojas insiste sur l’importance d’intégrer l’entraînement en force à la routine hebdomadaire. Les bénéfices de la marche ou d’autres activités cardiovasculaires sont amplifiés lorsqu’ils sont combinés à un travail musculaire. Le muscle étant le principal organe métabolique du corps, sa masse diminue naturellement avec l’âge, un processus accéléré par l’inactivité ou les problèmes de santé.
« Le corps commence à consommer ses propres muscles et cela se produit plus tôt s’il n’y a pas d’activité physique.
Aurelio Rojas, cardiologue
Par José Guerrero
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