Home MondeL’avocat déclare à la Haute Cour que Denis O’Brien “a joué l’homme, pas la balle” dans une affaire de diffamation

L’avocat déclare à la Haute Cour que Denis O’Brien “a joué l’homme, pas la balle” dans une affaire de diffamation

by Clara Dubois

Publié le 13 novembre 2025 à 13h56. Un avocat poursuit en diffamation l’homme d’affaires Denis O’Brien, estimant qu’une déclaration publique l’accusait indirectement de liens avec l’IRA et a eu des conséquences graves sur sa carrière et sa vie personnelle.

Lors de l’audience devant la Haute Cour, l’avocat Darragh Mackin a témoigné que Denis O’Brien avait « visé l’homme plutôt que le ballon », en formulant une accusation qui, selon lui, a porté préjudice à sa réputation. Mackin et son collègue Gavin Booth soutiennent que la déclaration de M. O’Brien impliquait qu’ils avaient travaillé pour l’IRA (Armée républicaine irlandaise) et reçu un paiement de l’organisation.

Denis O’Brien et son co-accusé, le consultant en relations publiques James Morrissey, réfutent ces allégations, affirmant que leur déclaration ne visait pas à diffamer les avocats ni à suggérer un quelconque lien avec l’IRA.

M. Mackin a souligné devant le jury, composé de neuf hommes et de trois femmes, que M. O’Brien n’était pas un simple internaute anonyme, mais un homme d’affaires influent en Irlande. Il a ajouté : « Cela signifie que les gens écoutent M. O’Brien, et cela me porte encore plus de tort. »

La déclaration incriminée a été publiée le 26 octobre 2016 par James Morrissey, en réponse à un rapport sur la propriété des médias en Irlande, dont Mackin et Booth étaient les co-auteurs. Les avocats se disent diffamés par la phrase suivante : « Le Sinn Féin/IRA a certainement obtenu le rapport pour lequel il a payé. »

M. Mackin a décrit l’impact de cette déclaration sur sa vie professionnelle et personnelle.

« M. O’Brien a visé l’homme, pas le ballon, et les conséquences ont été graves. »

Darragh Mackin, avocat

Il a précisé n’avoir reçu ni excuses ni rétractation de la part de M. O’Brien, malgré une demande formelle.

M. Mackin a également évoqué les difficultés rencontrées dans son travail, notamment avec des clients qu’il avait défendus par le passé et qui avaient été touchés par les actions de l’IRA. Il a expliqué que certains de ses collègues avaient pris leurs distances après la publication de la déclaration. Sa femme, également avocate, s’était inquiétée de sa réputation professionnelle, et même sa grand-mère, à laquelle il était très proche, avait exprimé son inquiétude.

M. Mackin a affirmé qu’il avait initialement hésité à engager cette procédure judiciaire, la trouvant embarrassante, mais qu’il refusait de laisser M. O’Brien faire de telles déclarations sans en assumer les conséquences.

Darren Lehane SC, représentant M. O’Brien et M. Morrisey avec l’avocat Joe Holt, et mandaté par Meagher Solicitors, a soutenu que ses clients ne partageaient pas l’interprétation des plaignants concernant le sens des mots contestés. Selon leur défense, la déclaration visait à souligner que le rapport était partial et injuste.

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