Publié le 24 novembre 2025 à 22h13. L’avocat de l’association Clean Hands dans l’affaire impliquant Begoña Gómez, épouse du chef du gouvernement espagnol, a démissionné, estimant que la dimension juridique de l’affaire est désormais éclipsée par une forte polarisation politique et médiatique.
- Carlos Perales, l’avocat, justifie sa démission par une dérive de l’affaire vers un terrain purement politique.
- Il critique l’influence grandissante de considérations d’opportunité politique sur les stratégies juridiques.
- Il rappelle l’importance de l’indépendance et de la rigueur technique pour la profession juridique.
Carlos Perales a annoncé sa démission de la défense de l’association Clean Hands dans l’affaire concernant Begoña Gómez, expliquant que la nature même de la mission a évolué. Initialement conçue comme une analyse juridique technique, elle s’est transformée, selon lui, en un dossier où la présentation et le traitement dépassent le cadre légal pour entrer pleinement dans le domaine des controverses politiques et médiatiques.
Dans un document dont a eu connaissance laSexta, l’avocat détaille que les décisions stratégiques ne sont plus guidées par la logique procédurale ou la solidité des arguments juridiques, mais plutôt par des considérations liées à l’impact sur l’opinion publique ou au positionnement idéologique. Il reconnaît que cette évolution peut être légitime pour l’association elle-même, qui peut choisir d’adopter une approche plus contestataire ou médiatique.
Cependant, du point de vue de son cabinet, cette situation est « incompatible avec la pratique du droit », fondée sur l’indépendance, la rigueur technique et le respect des critères juridiques objectifs. Il souligne que le code de déontologie de la profession juridique espagnole impose aux avocats d’agir en toute indépendance, en préservant la fonction sociale de la profession face à toute pression ou intérêt extérieur au processus judiciaire.
L’avocat met en garde contre le risque de voir la procédure judiciaire instrumentalisée à des fins politiques, ce qui, selon lui, compromet l’indépendance de l’avocat et érode la confiance dans son rôle technique. Il insiste sur le fait que
« Le plaidoyer ne peut pas être confondu avec l’activisme politique, ni avec la stratégie de communication publique. »
Carlos Perales, avocat
Il conclut en affirmant que l’avocat doit rester un opérateur juridique, et non un agent politique ou un porte-parole médiatique. Maintenir une ligne juridique dictée par l’impact public plutôt que par l’efficacité procédurale signifierait, pour son cabinet, rompre avec son engagement professionnel et estomper la frontière essentielle entre la défense technique du droit et son instrumentalisation politique.
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