Home AffairesL’avocat tente de jeter des chaussures sur CJI Gavai en ouverture, cite l’insulte à «Sanatan»

L’avocat tente de jeter des chaussures sur CJI Gavai en ouverture, cite l’insulte à «Sanatan»

by Amélie Bernard

Publié le 6 octobre 2025 à 07h38. Un incident inédit a perturbé lundi les travaux de la Cour suprême indienne : un avocat a tenté de lancer sa chaussure sur le juge en chef, Bhushan R. Gavai, en pleine audience. Cet acte, qui s’inscrit dans un contexte de vives tensions autour de commentaires attribués au magistrat, a suscité une forte condamnation.

  • Un avocat a interrompu une audience en tentant de jeter sa chaussure sur le juge en chef.
  • L’incident est lié à une controverse récente concernant des propos tenus par le juge en chef sur une affaire religieuse.
  • L’Association des défenseurs de la Cour suprême a fermement condamné cet acte et appelé au respect du pouvoir judiciaire.

L’incident s’est produit alors que des affaires étaient en cours d’examen devant le juge en chef et d’autres magistrats. Rakesh Kishore, l’avocat en question, s’est approché de l’estrade, a ôté sa chaussure et a fait mine de la lancer avant d’être rapidement maîtrisé par les agents de sécurité. Pendant qu’il était escorté hors de la salle d’audience, il a crié :

« Nous ne tolérerons aucune insulte à Sanatan. »

Rakesh Kishore, avocat

Le juge en chef Gavai a conservé son calme face à cette perturbation, exhortant ses collègues et les autres avocats présents à poursuivre leurs activités.

« Ne vous laissez pas distraire par tout cela. Nous ne sommes pas distraits. Ces choses ne m’affectent pas. »

Bhushan R. Gavai, juge en chef de l’Inde

Cet acte semble découler d’une polémique née de commentaires que le juge en chef aurait tenus le mois dernier, lors de l’examen d’une requête visant à restaurer une idole de sept pieds (environ 2,13 mètres) de Lord Vishnu, décapitée, dans un temple de Khajuraho. La Cour avait estimé que cette affaire relevait de la compétence de l’Archaeological Survey of India (ASI), l’agence gouvernementale chargée de l’archéologie en Inde.

Lors de cette audience, le juge en chef aurait suggéré au conseil du requérant de s’adresser directement à la divinité elle-même, une remarque qui a été largement diffusée et critiquée sur les réseaux sociaux. Le 18 septembre, le juge en chef Gavai a tenu à clarifier sa position, affirmant qu’il respectait toutes les religions et que ses propos avaient été mal interprétés.

Cette clarification a mis en lumière la question plus large de la désinformation en ligne et de son impact sur la société. Le Solicitor General, Tushar Mehta, a souligné la tendance à des réactions disproportionnées sur les réseaux sociaux, tandis que l’avocat principal Kapil Sibal a décrit le paysage numérique comme un « cheval sauvage » difficile à maîtriser. L’incident de lundi illustre les conséquences concrètes de ces dynamiques en ligne.

L’Association des défenseurs de la Cour suprême (SCAORA) a vivement condamné l’acte de l’avocat, le qualifiant d’« injustifié et d’intempestif ». L’association a souligné qu’un tel geste était « indigne d’un membre du barreau » et constituait une « agression directe contre l’indépendance du pouvoir judiciaire ». Elle a exprimé sa pleine solidarité avec le juge en chef et le pouvoir judiciaire, appelant tous les avocats à faire preuve de retenue et à respecter le décorum professionnel. L’association a également suggéré que la Cour suprême envisage d’engager une procédure de contempt of court (outrage à la Cour), rappelant que, bien que la liberté d’expression soit fondamentale, les avocats ont un devoir de réserve en tant qu’officiers de justice.

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