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Lawrence Bishnoi, Goldy Brar ordered Nijjar killing: U.S.

by Nicolas Lefèvre
Le revirement de la GRC et l'absence de preuves contre New Delhi

Le ministère de la Justice des États-Unis a accusé, le 8 juillet 2026, le gangster Lawrence Bishnoi et son associé Goldy Brar d’avoir ordonné l’assassinat de Hardeep Singh Nijjar le 18 juin 2023 à Surrey, au Canada. Cette révélation s’inscrit dans l’opération « Hard Ball », visant des réseaux criminels transnationaux basés en Inde.

L’annonce, relayée par The Hindu, marque un tournant majeur dans une affaire qui a gelé les relations diplomatiques entre New Delhi et Ottawa pendant près de trois ans. Hardeep Singh Nijjar, désigné comme terroriste par l’Inde en 2020, a été abattu devant un gurdwara en Colombie-Britannique. Si le gouvernement canadien de l’époque, sous Justin Trudeau, pointait du doigt des agents indiens, l’acte d’accusation américain déplace désormais le centre de gravité vers le crime organisé. L’opération « Hard Ball » n’est pas qu’une enquête sur un meurtre politique. C’est un coup de filet massif. Trente-sept individus sont inculpés à travers les États-Unis, le Canada et l’Europe, avec 24 arrestations déjà effectuées, dont certaines en Espagne. Le réseau est accusé de racket, de trafic de stupéfiants, d’enlèvements et de meurtres ciblés, frappant particulièrement la diaspora indienne.

Le revirement de la GRC et l’absence de preuves contre New Delhi

Quelques heures après les révélations américaines, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a opéré un pivot spectaculaire. Selon India Today, la police canadienne affirme désormais ne trouver aucune preuve impliquant des agents du gouvernement indien dans l’assassinat de Nijjar, contredisant ainsi les « allégations crédibles » avancées par Justin Trudeau en septembre 2023.

Il n’y a aucune preuve suggérant que, dans le cadre de cette enquête sur le syndicat du crime organisé et des accusations portées, des agents du gouvernement indien seraient inculpés ou impliqués dans ce dossier… Rien n’est apparu pour lier le gouvernement indien.

Le revirement de la GRC et l'absence de preuves contre New Delhi
Photo: ThePrint
Le revirement de la GRC et l'absence de preuves contre New Delhi
Photo: The Hindu
Lisa Moreland, commissaire adjointe de la GRC Ce changement de narratif intervient alors que Mark Carney a succédé à Trudeau, amorçant une phase de reconstruction des liens diplomatiques. La GRC a précisé que le gouvernement indien a coopéré tout au long de l’enquête. Pour l’instant, la responsabilité du crime repose sur les épaules de Lawrence Bishnoi et de son commandant opérationnel en Amérique du Nord, Satinderjeet Singh, alias Goldy Brar. Le FBI a d’ailleurs lancé une prime de 50 000 dollars pour toute information menant à l’arrestation et l’extradition de Brar.

L’empire criminel de Lawrence Bishnoi depuis sa cellule

Le cas de Lawrence Bishnoi défie la logique carcérale. Bien qu’incarcéré à la prison centrale de Sabarmati au Gujarat depuis août 2023, Bishnoi a continué de diriger ses opérations mondiales. ThePrint souligne que le gangster a utilisé des téléphones et des applications de messagerie cryptées, introduits illégalement dans sa cellule, pour orchestrer ses activités. Entre décembre 2025 et janvier 2026, Bishnoi aurait tenté d’extorquer 5 millions de dollars à des victimes basées à Los Angeles et Thousand Oaks. Cette capacité de commandement à distance s’appuie sur un réseau de lieutenants fidèles : Goldy Brar pour l’Amérique du Nord et un associé nommé Godara pour l’Europe. L’acte d’accusation révèle une stratégie de communication sophistiquée. Bishnoi a cultivé une image publique de « patriote », de « nationaliste » et d’homme « profondément religieux » pour attirer des recrues. En coulisses, la réalité était tout autre.

En privé, Bishnoi présidait une entreprise criminelle tentaculaire qui s’étendait sur plusieurs continents.

US Indictment: Lawrence Bishnoi & Goldy Brar Ordered Nijjar Killing? | India-Canada Row | News18

For more on this story, see Opération Hard Ball: arrestations de 24 criminels indiens liés à Nijjar.

Département de la Justice des États-Unis, via The Times of India Le syndicat ne s’est pas contenté de l’extorsion. Il a mis en place un réseau de trafic de drogues, utilisant des semi-remorques pour transporter de la cocaïne et de la méthamphétamine à travers les États-Unis et vers la frontière canadienne. Le gang allait jusqu’à voler des cargaisons de stupéfiants appartenant à des organisations rivales.

L’infiltration de la police du Pendjab

L’opération « Hard Ball » a également mis en lumière une faille sécuritaire alarmante au sein de l’appareil d’État indien. Le FBI a inculpé Gurinderjit Singh Nagra, inspecteur de police et chef de poste à Tanda, dans le Pendjab. Nagra est accusé d’avoir collaboré étroitement avec les syndicats de Bishnoi et de Jaggu Bhagwanpuria. Selon The Hindu, l’inspecteur Nagra serait impliqué dans une affaire d’extorsion de 400 000 dollars visant à terroriser des familles innocentes. Cette révélation a provoqué un séisme politique dans le Pendjab, où l’opposition accuse le gouvernement de l’Aam Aadmi Party (AAP) d’avoir laissé s’installer un nexus entre gangsters et police. Le leader du Congrès, Vijay Inder Singla, a affirmé que ces révélations exposaient un effondrement total de l’ordre public. De son côté, Bikram Singh Majithia, leader du Shiromani Akali Dal, a suggéré que l’extradition de l’inspecteur vers les États-Unis pourrait révéler l’étendue réelle de ces complicités.

Extraditions et incertitudes judiciaires

La prochaine étape cruciale sera l’extradition des suspects vers le sol américain. Bill Essayli, premier adjoint du procureur des États-Unis, a été catégorique lors d’une conférence de presse concernant l’inspecteur Nagra.

Il n’est pas encore détenu, mais il le sera sous peu. Nous l’avons inculpé et nous allons l’extrader vers les États-Unis.

L'infiltration de la police du Pendjab
Bill Essayli, procureur adjoint des États-Unis Toutefois, la défense de Lawrence Bishnoi conteste fermement les allégations de communication depuis la prison. Son avocate, Rajni Khatri, rappelle que son client est placé en isolement et sous surveillance CCTV 24h/24. Elle demande des preuves concrètes concernant l’utilisation présumée de WhatsApp depuis la prison de Sabarmati. L’enjeu est désormais double : judiciaire pour les États-Unis qui cherchent à démanteler un réseau transnational, et diplomatique pour l’Inde et le Canada qui tentent de tourner la page d’une crise majeure. Le sort de Bishnoi, dont l’extradition est recherchée par Washington, sera le test ultime de la coopération entre New Delhi et les autorités américaines.

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