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Un policier de Gatineau arrêté pour violence conjugale

by Nicolas Lefèvre
L'exclusion des fonctions de Stéphane Lizotte et la surveillance ministérielle

Stéphane Lizotte, un policier de 51 ans du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), a été arrêté le 5 juillet 2026 par la Sécurité publique de la MRC des Collines-de-l’Outaouais. Il fait face à des accusations d’agression armée ou d’infliction de lésions corporelles pour des faits survenus alors qu’il n’était pas en service.

L’intervention a eu lieu un dimanche, menant à une comparution rapide le lendemain, 6 juillet. Selon les informations relayées par Radio-Canada, l’agent a été libéré sous conditions en attendant la suite des procédures judiciaires. Le SPVG a précisé que Lizotte ne se trouvait pas en fonction au moment des événements allégués. L’arrestation a été effectuée par un corps policier distinct, celui de la MRC des Collines-de-l’Outaouais, ce qui souligne la nature externe de l’interpellation initiale. C’est un dossier qui place la direction du SPVG sous une pression immédiate concernant la gestion de son personnel.

L’exclusion des fonctions de Stéphane Lizotte et la surveillance ministérielle

L'exclusion des fonctions de Stéphane Lizotte et la surveillance ministérielle
La réponse administrative a été rapide. La direction du SPVG et sa Division des normes professionnelles ont confirmé que l’employé ne réintégrera pas ses fonctions pour la durée des procédures judiciaires. Cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de maintenir des standards d’éthique et de normes professionnelles élevés au sein de l’organisation. Le dossier a également franchi un palier administratif supérieur. Le ministère de la Sécurité intérieure a été officiellement informé des allégations pesant contre le policier. Cette notification est cruciale, car elle place la conduite de l’agent sous l’œil du régulateur provincial, augmentant les enjeux pour la carrière de Lizotte. Comme le rapporte Noovo Info, l’agent avait déjà fait l’objet d’une suspension avec solde précédemment, suite à des accusations liées à une enquête distincte. Ce précédent suggère que la direction était déjà au courant de comportements problématiques, même si les suspensions avec solde sont des procédures standards en attendant le dénouement judiciaire.

Un historique judiciaire marqué par l’alcool et les menaces

Un historique judiciaire marqué par l'alcool et les menaces
Photo: Noovo Info
L’arrestation de juillet 2026 n’est pas un incident isolé dans le parcours récent de Stéphane Lizotte. L’analyse des faits révèle une trajectoire judiciaire préoccupante, mêlant problèmes de comportement et consommation. Actuellement, le policier subit un procès au palais de justice de Gatineau pour des accusations de conduite avec les facultés affaiblies. Ce volet criminel s’ajoute à un incident survenu en juin 2023, détaillé par Le Droit. Le 12 juin 2023, des agents du SPVG ont dû intervenir auprès de leur propre collègue, alors intoxiqué, après un signalement. Si l’intervention initiale n’avait révélé aucune infraction, la situation a dégénéré une fois le policier chez lui. Alors que ses collègues souhaitaient procéder à une fouille préventive de sa résidence pour s’assurer de l’absence d’armes à feu, Lizotte a opposé une résistance telle que des renforts de la MRC des Collines-de-l’Outaouais ont été nécessaires pour l’arrêter. Cet événement de 2023 a mené à des accusations d’entrave au travail des policiers et de menaces de causer la mort ou des lésions corporelles, comme l’avait rapporté La Presse. Bien que les procédures dans ce dossier spécifique aient finalement été arrêtées, le schéma comportemental — incluant l’intoxication et l’agressivité envers des agents de la paix — crée un contexte lourd pour les nouvelles accusations d’agression armée de 2026.

Le SPVG face aux défis de l’imputabilité interne

« Il y a un traitement de faveur pour les policiers auteurs de violences conjugales »
L’affaire Lizotte ne survient pas dans un vide institutionnel. Le Service de police de la Ville de Gatineau a dû faire face, par le passé, à des critiques sur ses pratiques et la conduite de ses membres. Le service a notamment été condamné à verser 18 000 $ à un citoyen, Serge Calza Nyembwe, pour profilage discriminatoire lors d’une intervention en 2013. Le tribunal des droits de la personne a dénoncé la désinvolture avec laquelle des personnes racisées sont arrêtées sans motif réel, sommant la Ville de former ses agents pour détecter et maîtriser les risques de profilage racial. De plus, en 2021, un autre policier du SPVG, alors dans la trentaine, avait été arrêté pour voie de fait simple dans un contexte conjugal. À l’époque, l’agent avait été relevé de ses fonctions et affecté à des tâches administratives. Ces incidents cumulés, bien que distincts, dessinent un défi persistant pour la direction du SPVG : concilier la protection de ses employés avec l’exigence de transparence et de rigueur éthique envers la population. La répétition d’arrestations hors service, comme celles de Lizotte et de son collègue en 2021, pose la question du suivi psychologique et disciplinaire des agents dont le comportement privé devient criminel.

Prochaines étapes et incertitudes judiciaires

Le dossier de Stéphane Lizotte entre maintenant dans une phase judiciaire critique. L’agent demeure libéré sous conditions, mais sa situation professionnelle est suspendue. L’issue des accusations d’agression armée déterminera s’il peut un jour reprendre son uniforme, bien que la gravité des charges et son historique suggèrent un avenir incertain au sein du corps policier. Les points de vigilance pour les prochaines semaines incluent :
  • Le verdict du procès pour conduite avec les facultés affaiblies, qui pourrait aggraver son dossier global.
  • La décision du ministère de la Sécurité intérieure concernant son accréditation professionnelle.
  • Le dépôt de preuves concernant l’utilisation d’une arme lors de l’agression alléguée le 5 juillet.
  • Pour l’heure, le SPVG maintient sa position : l’exigence de respect des plus hauts standards d’éthique est non négociable, et les processus internes sont en place pour instaurer une culture d’intégrité.

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    Prochaines étapes et incertitudes judiciaires
    Photo: Le Droit

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