Home MondeLe 88e anniversaire du « massacre de Nanjing » au milieu du conflit sino-japonais… La Chine organise un « service commémoratif discret » sans Xi Jinping

Le 88e anniversaire du « massacre de Nanjing » au milieu du conflit sino-japonais… La Chine organise un « service commémoratif discret » sans Xi Jinping

by Clara Dubois

Publié le 13 décembre 2025 à 11h56. La Chine a commémoré le 88e anniversaire du massacre de Nanjing, un événement tragique de la guerre sino-japonaise, alors que les tensions diplomatiques avec Tokyo s’intensifient suite à des déclarations controversées sur Taïwan.

  • Le gouvernement chinois a organisé une cérémonie commémorative au Mémorial du massacre de Nanjing, en l’absence du président Xi Jinping.
  • Cette commémoration intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine et le Japon, notamment après des propos du Premier ministre japonais Sanae Takaichi concernant Taïwan.
  • Le massacre de Nanjing, survenu en 1937, a fait entre 100 000 et 300 000 victimes civiles et militaires chinoises.

Une cérémonie commémorative, qualifiée de « discrète » par les médias étrangers, s’est tenue ce vendredi au Mémorial du massacre de Nanjing, dans la province du Jiangsu. Une sirène a retenti à 10 heures, marquant un moment de recueillement national. C’est la première fois depuis 2017 que le président Xi Jinping ne participe pas à cet hommage.

Le massacre de Nanjing, qui s’est déroulé pendant la guerre sino-japonaise, est un épisode sombre de l’histoire. À partir du 13 décembre 1937, les troupes japonaises, après avoir pris le contrôle de Nanjing, alors capitale de la République de Chine, ont commis des atrocités envers les soldats et les civils pendant environ six semaines. Les estimations du nombre de victimes varient, mais on parle de plus de 100 000 soldats et plus de 200 000 civils innocents tués.

Depuis 2014, le gouvernement chinois a officiellement instauré le 13 décembre comme « Journée nationale de commémoration des victimes du massacre de Nanjing ». Lors de la première cérémonie nationale en 2014, le président Xi avait vivement critiqué le gouvernement japonais, déclarant :

« Jusqu’à 300 000 de nos compatriotes ont été sacrifiés dans le massacre perpétré par l’armée japonaise. »

Xi Jinping, président de la République populaire de Chine

Cette année, c’est Shi Feng, chef du Département de l’organisation centrale du Parti communiste chinois, qui a représenté le gouvernement chinois lors de la cérémonie. Il a rendu hommage aux victimes en affirmant :

« Le peuple chinois exprime sa noble aspiration à suivre résolument la voie du développement pacifique, à se souvenir de l’histoire, à chérir la paix et à être un pionnier de l’avenir. »

Shi Feng, chef du Département de l’organisation centrale du Parti communiste chinois

M. Shi n’a pas mentionné directement le Japon ni le Premier ministre Takaichi. Il a toutefois ajouté :

« Toute tentative visant à raviver le militarisme, à remettre en question l’ordre international d’après-guerre ou à saper la paix et la stabilité mondiales ne sera jamais tolérée par les personnes qui aiment la paix, aiment et recherchent la justice dans le monde. »

Shi Feng, chef du Département de l’organisation centrale du Parti communiste chinois

Reuters a qualifié ces remarques de « beaucoup moins belliqueuses que les récentes déclarations des hauts dirigeants du gouvernement chinois ».

Les tensions entre la Chine et le Japon se sont exacerbées en novembre dernier, lorsque le Premier ministre Takaichi a déclaré devant l’Assemblée nationale que le Japon pourrait considérer une éventuelle crise à Taïwan comme une menace existentielle et exercer son droit à l’autodéfense collective. La Chine a interprété cette déclaration comme une ingérence dans ses affaires intérieures et a suspendu les échanges économiques et culturels avec le Japon, notamment en limitant les voyages.

Le journaliste Kwon Hyo-joong [email protected]

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