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Le BEUC réclame un examen prioritaire dès lunettes connectées Meta

« L’organisation réclame un examen en priorité absolue des lunettes connectées », dénonce le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC).

Le BEUC réclame un examen prioritaire dès lunettes connectées Meta

« L’organisation réclame un examen en priorité absolue des lunettes connectées », dénonce le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC). Dans une lettre adressée le 22 octobre à la Commission européenne et au Comité européen de la protection des données, l’organisme met en garde contre les fonctions de surveillance qu’il juge dissimulées derrière ces montures.

Le débat s’intensifie alors que le marché des lunettes connectées connaît une croissance fulgurante. Selon Counterpoint Research, le marché mondial a progressé de 212 % sur un an au premier semestre 2026, Meta concentrant environ 84 % des livraisons. En 2025, plus de sept millions de paires Meta Ray-Ban et Oakley ont été vendues dans le monde, contre seulement deux millions depuis leur lancement en 2023.

Des risques accrus pour la vie privée et la liberté d’aller et venir

Les inquiétudes portent principalement sur la discrétion des dispositifs. Les lunettes ressemblent à des montures ordinaires et ne disposent que d’une petite diode clignotante pour signaler qu’une photo, une vidéo ou un enregistrement sonore est en cours. Cet indicateur est jugé insuffisant par les autorités, car il n’est pas toujours visible pour les personnes filmées.

Filmer inconnu lunettes meta an prison euros amende
Photo : jechange.fr

Le Comité européen de la protection des données a pris position le 13 octobre dernier, soulignant que l’obtention du consentement des personnes filmées reste « très difficile à obtenir dans la pratique ». L’organisme rappelle également qu’un fabricant ne peut pas transférer ses propres obligations liées au RGPD sur l’utilisateur final. L’association de ces lunettes à des fonctions de reconnaissance faciale ou vocale est jugée particulièrement risquée pour les libertés dans l’espace public.

Les risques techniques ont été illustrés par des démonstrations : fin 2024, des étudiants ayant quitté Harvard ont réussi à relier des visages d’inconnus à des informations personnelles (nom, emploi, réseaux sociaux, adresse) en utilisant un logiciel de recherche faciale sur une paire de ces lunettes. Bien que Meta affirme que ses lunettes ne comportent pas de reconnaissance faciale et que les étudiants utilisaient un logiciel tiers, un récent dépôt de brevet décrit une fonction capable d’identifier des personnes dans le champ de la caméra pour produire des montages vidéo automatiques.

Gros plan sur la monture noire de lunettes connectées avec l'objectif de caméra intégré près de la charnière
Photo : mediaterranee.com

Des réactions divergentes et des cadres légaux disparates

Face à cette montée en puissance, les réponses politiques varient selon les pays :

  • En Norvège : Le gouvernement a annoncé le 6 octobre une interdiction temporaire des lunettes connectées dans une large partie des lieux publics, en attendant une règle durable.
  • Au Luxembourg : Une pétition publique (n°4301) réclame un moratoire sur la vente, la promotion et l’utilisation de ces appareils dans les lieux accessibles au public, jusqu’à l’adoption d’un cadre légal protecteur.
  • Aux Pays-Bas et en Belgique : La chaîne d’optique Hans Anders a suspendu sans limite de durée la vente des Ray-Ban Meta.
  • En France : Aucune interdiction spécifique n’est prévue à ce jour, bien que la CNIL ait alerté sur ces dispositifs en mai 2026. Un sondage de la CNIL révélait que 67 % des Français interrogés y voient un risque pour leur vie privée.

Les sanctions prévues par le droit français

Si porter des lunettes connectées dans la rue n’est pas interdit en France, l’usage que l’on en fait est strictement encadré par le code pénal. Filmer un passant seul sur un trottoir n’est pas un délit en soi, mais la captation d’images de personnes dans un lieu privé sans consentement, ou l’enregistrement de paroles tenues à titre privé (même dans l’espace public), est sanctionné. Selon l’article 226-1 du code pénal, l’atteinte volontaire à l’intimité de la vie privée peut entraîner jusqu’à un an de prison et 45 000 € d’amende.

La diffusion de ces contenus engage également le droit à l’image. Pour les utilisateurs, la CNIL recommande de prévenir l’entourage, de couper la captation dès que nécessaire et d’éviter de masquer le voyant lumineux. En cas de litige, les victimes peuvent saisir les autorités de protection des données compétentes, telles que la CNIL en France ou la CNPD au Luxembourg.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.