Home SantéLe blocage d’un nutriment essentiel inhibe la croissance des parasites du paludisme

Le blocage d’un nutriment essentiel inhibe la croissance des parasites du paludisme

by Sophie Martin

Une nouvelle vulnérabilité du parasite responsable du paludisme a été identifiée par des chercheurs américains, ouvrant la voie à de potentielles stratégies thérapeutiques inédites contre cette maladie qui affecte des millions de personnes chaque année. L’étude, menée par l’Université de Virginie Tech, cible la capacité du parasite à se nourrir des graisses essentielles produites par l’hôte humain.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le paludisme a touché environ 249 millions de personnes en 2022. Le parasite Plasmodium falciparum, agent pathogène de la forme la plus mortelle de la maladie, se multiplie dans les globules rouges et, contrairement à la plupart des organismes vivants, ne peut pas synthétiser ses propres acides gras. Il doit donc les récupérer auprès de son hôte.

L’équipe de Virginie Tech a découvert que le parasite dépend de deux enzymes spécifiques pour décomposer les lipides présents dans les globules rouges et libérer les acides gras nécessaires à sa survie. L’une de ces enzymes agit à l’extérieur du globule rouge, tandis que l’autre se trouve à l’intérieur du parasite, une particularité inhabituelle pour ce type de processus métabolique.

« La clé de cette avancée réside dans notre capacité à identifier et à bloquer ce mécanisme », explique Michael Klemba, professeur associé de biochimie et chercheur principal du projet. « Bien que nous en soyons aux premiers stades, ces résultats pourraient ouvrir la voie à une nouvelle approche pour lutter contre le paludisme. »

Les chercheurs ont constaté que l’élimination des deux enzymes, nommées XL2 et XLH4, empêche le parasite d’obtenir les acides gras dont il a besoin pour se développer, en particulier lorsque les lipides de l’hôte constituent sa seule source d’acides gras. Bloquer l’action de ces enzymes, soit par modification génétique du parasite, soit par l’utilisation de médicaments, a inhibé sa croissance dans le sang humain.

Cette découverte s’appuie sur des recherches antérieures datant de 2017, qui avaient montré que la diminution des niveaux d’acide lysophosphatidique chez l’hôte déclenche une transformation du parasite en une forme susceptible d’être absorbée par les moustiques. « Il n’y avait pas de clarté sur les voies métaboliques impliquées », précise M. Klemba. « Démontrer l’utilité de ces voies constitue une contribution importante dans ce domaine. »

Les travaux, publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, ont été financés par les National Institutes of Health, le Département de l’Agriculture des États-Unis et le Département de biochimie de Virginia Tech. Les chercheurs reconnaissent que des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer la toxicité potentielle des composés utilisés pour inhiber les enzymes et pour confirmer ces résultats in vivo. Néanmoins, cette recherche représente une étape prometteuse dans la quête de nouvelles thérapies contre le paludisme.

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