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Le Canada défend l’exemption américaine de l’accord mondial sur l’impôt minimum

Publié le 16 mai 2024 18:35:00. Le Canada défend un accord fiscal au sein du G7 qui accorde un traitement de faveur aux États-Unis, malgré les objections de la Chine et de plusieurs pays européens, dans le cadre…

Le Canada défend l’exemption américaine de l’accord mondial sur l’impôt minimum

Publié le 16 mai 2024 18:35:00. Le Canada défend un accord fiscal au sein du G7 qui accorde un traitement de faveur aux États-Unis, malgré les objections de la Chine et de plusieurs pays européens, dans le cadre de la mise en œuvre d’un impôt mondial minimum sur les sociétés.

  • Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, a justifié cet arrangement comme un moyen de garantir la participation américaine à l’initiative mondiale.
  • La Chine et d’autres nations européennes ont exprimé leur mécontentement face à des exemptions fiscales jugées incompatibles avec l’objectif d’un taux d’imposition minimum mondial.
  • Les négociations se poursuivent à l’OCDE pour finaliser un accord qui éviterait aux entreprises américaines de payer des impôts plus élevés à l’étranger.

Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, a défendu un compromis fiscal conclu au sein du G7, qui offre un traitement spécifique aux États-Unis. Cette décision intervient après une vague de critiques de la part de la Chine et de certains États membres de l’Union européenne, qui estiment que cet accord compromet l’esprit d’un impôt mondial minimum sur les sociétés.

Selon Champagne, l’arrangement négocié sous la présidence canadienne du G7 répond aux préoccupations américaines tout en restant « fidèle à l’intention » du régime de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) visant à établir un taux minimum d’imposition des entreprises.

« La participation des États-Unis à la résolution de ce problème mondial est quelque chose que je dirais que mes collègues autour de la table voulaient réaliser – et nous avons trouvé un moyen d’y parvenir »,

François-Philippe Champagne, ministre canadien des Finances

Champagne a souligné que l’objectif était de trouver une solution acceptable pour toutes les parties, tout en permettant aux États-Unis de respecter leur engagement envers un impôt minimum mondial.

Les négociations se poursuivent actuellement à l’OCDE afin de formaliser cet accord du G7 et d’éviter que les grandes entreprises américaines ne soient soumises à une imposition plus élevée sur leurs bénéfices réalisés à l’étranger. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a appelé sur X (anciennement Twitter) les pays dissidents à « se joindre au consensus » pour résoudre cette question cruciale.

La semaine dernière, selon le Financial Times, la Chine, la République tchèque, l’Estonie et la Pologne avaient exprimé leur opposition à l’accord. La Chine souhaitait bénéficier des mêmes exemptions que les États-Unis, tandis que d’autres pays, notamment la Pologne et la République tchèque, contestaient les incitations fiscales qu’ils jugeaient incompatibles avec l’impôt minimum mondial. La Pologne a depuis retiré ses objections, selon des sources.

Les discussions se poursuivent pour convaincre les autres pays de renoncer à leurs objections concernant l’exclusion américaine négociée entre Washington et les principales économies du G7 cet été. Certains observateurs estiment qu’une annonce pourrait être faite prochainement. Un projet de texte de l’OCDE prévoyant une exclusion pour les entreprises américaines avait été interrompu la semaine dernière en raison de ces objections.

Champagne a affirmé qu’il n’avait pas participé à des discussions visant à envisager des modèles alternatifs pour d’autres pays que les États-Unis.

« Nous avions une voie alternative pour que les États-Unis maintiennent [leur] intention que nous avons. Je n’ai vu jusqu’à présent aucune discussion ou suggestion visant à étendre cela au-delà de ce qui a été convenu avec les États-Unis d’Amérique »,

François-Philippe Champagne, ministre canadien des Finances

Ces déclarations interviennent alors que le Canada s’apprête à céder la présidence du G7 à la France. Adopté par 135 pays en 2021, le régime fiscal transfrontalier historique de l’OCDE a rencontré d’importants défis de mise en œuvre.

Plus tôt cette année, les Républicains américains avaient menacé d’introduire une « taxe de représailles » ciblant les entreprises et les investisseurs des pays ayant adopté l’impôt minimum mondial tel qu’il avait été initialement conçu. Cette mesure a été abandonnée suite à l’accord du G7. Cependant, les sénateurs républicains ont averti qu’ils pourraient rétablir cette taxe si aucun accord n’était trouvé sur l’exonération américaine d’ici la fin de l’année.

Reportage complémentaire de Paola Tamma à Bruxelles

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.