Publié le 2024-02-29 10:30:00. Un consortium d’entreprises européennes et canadiennes envisage la construction d’un nouveau câble de télécommunications sous-marin reliant l’Europe et l’Amérique du Nord, une infrastructure stratégique qui contournerait les États-Unis et renforcerait l’indépendance numérique de ces régions.
- Un câble à fibre optique de 4 200 km (2 485 miles) reliant la Norvège au Labrador et à Montréal est en projet.
- Le coût estimé du projet, baptisé potentiellement « Leif Eriksson », s’élève à environ 1 milliard de dollars canadiens.
- L’initiative vise à réduire la dépendance aux infrastructures de télécommunications américaines et à garantir une plus grande sécurité des données.
Un nouveau câble sous-marin, reliant directement l’Europe et le Canada, pourrait bientôt voir le jour. Ce projet, porté par un groupe d’entreprises transatlantiques, ambitionne de créer une alternative aux routes de communication existantes qui passent majoritairement par les États-Unis. L’idée est de renforcer la souveraineté numérique et de diversifier les infrastructures critiques pour la transmission des données.
Le tracé envisagé partirait de Norvège pour rejoindre le Labrador, au Canada, avant de se diriger vers le sud, jusqu’à Montréal. D’un coût estimé à 1 milliard de dollars canadiens, ce câble à fibre optique s’étendra sur environ 4 200 km. La construction d’un nouveau centre de données à Happy Valley-Goose Bay, au Canada, est également prévue. Bulk Infrastructure, une entreprise norvégienne impliquée dans le projet, insiste sur l’importance d’alimenter l’ensemble de l’infrastructure avec des sources d’énergie renouvelables.
Ce n’est pas la première fois qu’un câble sous-marin est posé au fond de l’Atlantique. Cependant, ce projet se distingue par son intention de ne pas impliquer d’entreprises américaines. Actuellement, environ 600 câbles sous-marins assurent plus de 95 % du trafic de données mondial. Selon la Fondation Asie Pacifique, la fabrication et l’installation de ces câbles sont dominées par quatre entreprises : SubCom (États-Unis), Alcatel Submarine Networks (France), Nippon Electric Company (Japon) et HMN Technologies (Chine).
« Actuellement, une grande partie de nos données transitent par les États-Unis. Les Canadiens et les provinces devraient faire des efforts pour créer de nouvelles infrastructures dans notre pays. »
Jason Budgell, directeur financier de BlockLAB
Le projet ne se limite pas à l’aspect technologique. Il pourrait également dynamiser l’économie locale au Labrador et nécessiter la construction de nouvelles capacités de production d’énergie. Innu Development Limited Partnership, représentant les intérêts économiques du peuple inuit, est également impliqué dans cette initiative.
La multiplication des câbles sous-marins expose toutefois ces infrastructures à des risques croissants. Les incidents se multiplient : cinq coupures ont été recensées à Taïwan en 2025, et d’autres ont eu lieu en mer Baltique. Ces câbles sont vulnérables au sabotage, aux catastrophes naturelles et aux accidents, et leur réparation représente un coût important.