Publié le 2 décembre 2025 à 11h04. Alors que la pression militaire américaine sur le Venezuela s’intensifie, Donald Trump est confronté à un défi inattendu : la résistance de Nicolás Maduro, qui défie ouvertement Washington, et à un scandale grandissant concernant une opération controversée menée par son administration.
- Donald Trump évalue les options pour écarter Nicolás Maduro du pouvoir, mais celui-ci refuse de céder.
- Un scandale éclate à Washington concernant une possible attaque illégale contre un navire dans les Caraïbes, potentiellement constitutive d’un crime de guerre.
- Trump doit annoncer de nouvelles mesures concernant le Venezuela ce mardi, dans un contexte de tensions internes et de critiques croissantes.
La stratégie américaine au Venezuela est devenue un véritable casse-tête pour l’administration Trump. Initialement, l’espoir était que la pression militaire suffirait à forcer Nicolás Maduro à quitter le pouvoir. Or, le président vénézuélien a démontré une capacité surprenante à déjouer les attentes et à maintenir sa position.
Lundi, Donald Trump a réuni ses principaux conseillers et commandants militaires pour examiner les différentes options concernant le Venezuela, suite à un échange téléphonique avec Maduro le 21 novembre. Selon le Miami Herald, le président américain aurait adressé un message ferme à Maduro, lui demandant de quitter le pays immédiatement. Plus d’informations sur la réunion de lundi.
« Vous devez quitter le pays maintenant », aurait déclaré Trump, offrant à Maduro, à son épouse et à son fils un sauf-conduit en échange de ses démissions immédiates. L’agence Reuters rapporte que l’administration américaine avait fixé à Maduro un ultimatum, expirant vendredi dernier, mais celui-ci n’a pas donné suite.
Maduro a répondu à cet ultimatum d’une manière spectaculaire : il a dansé devant une foule immense de partisans à Caracas, lors d’un événement en plein air, dissipant ainsi les rumeurs selon lesquelles il aurait cédé aux pressions américaines. Reuters sur la réponse de Maduro. Il a hurlé : « Nous ne voulons ni la paix des esclaves, ni la paix des colonies », arborant une casquette rouge rappelant celle portée par Donald Trump et se lançant dans une chorégraphie sur un remix de sa propre voix, scandant en anglais et en espagnol maladroit : « Oui, la paix ; oui la paix ! »
Parallèlement à cette crise diplomatique, l’administration Trump est confrontée à une controverse interne concernant une opération militaire secrète menée dans les Caraïbes. Le Washington Post a révélé que le 2 septembre, les forces américaines ont attaqué un navire suspecté de trafic de drogue, tuant les survivants de l’équipage après une première attaque. Article du Washington Post sur l’attaque du navire. Cet acte est dénoncé par certains membres du Congrès comme un possible crime de guerre.
Les critiques démocrates et républicains s’inquiètent particulièrement du rôle du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, dans cette affaire.
Pete Hegseth (au centre) avec Donald Trump à la Maison Blanche. Photo : AP. Des informations suggèrent qu’il aurait donné l’ordre de tuer tous les membres de l’équipage du navire. Selon des sources citées par le Post, Hegseth aurait prononcé les mots suivants : « Tuez tout le monde ». L’administration Trump a d’abord nié ces accusations, mais le président a ensuite déclaré : « Pete a dit qu’il n’avait pas ordonné la mort de ces deux hommes. Et je le crois. »
Sous la pression du Congrès, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a précisé que Pete Hegseth avait autorisé l’amiral Frank Bradley à mener les attaques. « L’amiral Bradley a agi correctement dans le cadre de son autorité et de la loi en ordonnant l’offensive pour garantir que le bateau a été détruit et la menace contre les États-Unis d’Amérique a été éliminée », a-t-elle déclaré.
L’amiral Bradley devrait être entendu ce jeudi par les commissions des forces armées du Sénat et de la Chambre des représentants. Des membres du Congrès des deux partis souhaitent approfondir les circonstances de cette opération et déterminer si des lois ont été violées.
Dans ce contexte tendu, Donald Trump doit annoncer de nouvelles mesures concernant le Venezuela ce mardi à 16h00 (heure française).
Maduro danse parmi ses fidèles à Caracas. Photo : Reuters. L’administration américaine pourrait envisager une offensive limitée contre des cibles liées au trafic de drogue sur le territoire vénézuélien, afin de faire pression sur Maduro. Une intervention militaire à grande échelle impliquant le déploiement de troupes américaines sur le terrain est, pour l’instant, exclue.
L’administration Trump dispose d’un important déploiement militaire dans les Caraïbes, comprenant le porte-avions USS Gerald R. Ford, des destroyers, des sous-marins, des chasseurs, des missiles et environ 15 000 soldats.
L’USS Gerald R. Ford vu de Saint Thomas. Photo : Reuters. Cependant, une enquête récente de CBS révèle que 70 % des Américains s’opposent à une intervention militaire au Venezuela.
La situation est d’autant plus délicate que l’administration Trump doit également gérer les pressions internes liées aux dépenses militaires engagées dans la région. Le déploiement massif de forces navales et aériennes, initialement justifié par la lutte contre le trafic de drogue, est critiqué par certains comme étant disproportionné et coûteux.
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