Publié le 2024-05-14 16:35:00. Le chef du Parti libéral du Québec, Pablo Rodriguez, a mis fin à l’affiliation parlementaire de Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent, après une série de conflits internes qui mettent en lumière une crise au sein du parti.
- Marwah Rizqy a été exclue du caucus libéral en raison d’un « abus de confiance », selon le chef Rodriguez.
- L’exclusion fait suite à la suspension antérieure de la députée et au congédiement unilatéral de sa chef de cabinet, Geneviève Hinse.
- Une poursuite judiciaire a été déposée par Geneviève Hinse contre Marwah Rizqy, et des allégations d’achat de voix lors de la course à la direction du parti font l’objet d’une enquête.
La décision de Pablo Rodriguez de retirer Marwah Rizqy du caucus intervient deux semaines après sa suspension initiale, une mesure prise en réponse à ce que le parti qualifie d’« abus de confiance ». Dans un communiqué diffusé mardi, Rodriguez a exprimé sa déception face à l’attitude de la députée.
« En choisissant d’agir seule et de se placer au-dessus de l’équipe, Marwah Rizqy a rompu le lien de confiance nécessaire pour avancer ensemble. Elle a fait son choix. J’ai fait le mien. Les distractions sont terminées. Maintenant, nous nous concentrons sur ce qui compte vraiment : les priorités des Québécois. »
Pablo Rodriguez, chef du Parti libéral du Québec
Les tensions ont commencé à s’intensifier lorsque Rizqy a congédié sa chef de cabinet, Geneviève Hinse, qui avait précédemment occupé ce poste sous le gouvernement fédéral de Justin Trudeau et avait suivi Rodriguez dans sa transition vers la politique québécoise. Hinse a depuis déposé une poursuite à la Cour supérieure du Québec, réclamant 500 000 $ en dommages punitifs et moraux, alléguant un congédiement abusif.
Peu après l’annonce de l’exclusion de Rizqy, Rodriguez a annoncé le retour de Geneviève Hinse à son poste de chef de cabinet lors d’une conférence de presse. Il a affirmé ne pas comprendre les raisons du congédiement initial et a souligné l’importance de la loyauté envers le chef et le parti.
« Il y a une obligation de faire rapport au leader. Je lui ai laissé beaucoup de temps. Si elle ne rend pas compte à son chef, c’est un manque de loyauté envers le chef, le parti et ses bénévoles. »
Pablo Rodriguez, chef du Parti libéral du Québec
Marwah Rizqy a reconnu la décision de Rodriguez dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, assurant qu’elle continuerait à représenter ses électeurs de Saint-Laurent en tant que députée indépendante.
« Depuis le premier jour de mon élection comme députée de Saint-Laurent, j’ai représenté mes concitoyens avec dévouement et rigueur. Je tiens à réitérer et à les assurer que je continuerai de les représenter avec les mêmes normes élevées qu’un député indépendant. »
Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent
L’affaire prend une tournure plus complexe avec la publication de messages texte par le Journal de Montréal, qui révèlent des discussions concernant la vente de cartes de membre et l’utilisation de fonds pour encourager le vote en faveur de Rodriguez lors de la course à la direction du parti. Rodriguez a promis une enquête interne pour faire la lumière sur ces allégations d’achat de voix.
Les avocats de Rizqy ont, dans une lettre de réponse obtenue par Radio-Canada, soutenu que Geneviève Hinse était « bien consciente des raisons qui ont conduit à son licenciement » et que celui-ci était lié à des « manquements éthiques importants » et à des « actes d’insubordination répétés ».
