Publié le 5 décembre 2023 22:25:00. Le Chili a soumis à l’UNESCO une candidature pour inscrire le cirque traditionnel familial au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, une forme d’art itinérante et profondément ancrée dans l’identité culturelle du pays.
- Le Chili candidate son cirque traditionnel familial au patrimoine mondial de l’UNESCO.
- Ce cirque se distingue par sa transmission familiale des savoir-faire et son mode de vie nomade.
- D’autres pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont également déposé des candidatures.
Le Chili espère obtenir la reconnaissance de l’UNESCO pour son cirque traditionnel, une pratique artistique qui se transmet de génération en génération au sein de familles et de clans. Contrairement aux cirques industriels modernes, le cirque chilien est intimement lié à la vie de ses artistes, où la famille et le spectacle se confondent. Jongleurs, trapézistes, clowns, acrobates, et tous les métiers du cirque s’apprennent dès l’enfance, par la pratique et la vie en communauté.
Ce cirque se caractérise par son caractère nomade. De grandes caravanes sillonnent le territoire chilien, des hauts plateaux du nord à la Patagonie australe, installant et démontant leurs chapiteaux au gré des saisons. Cette mobilité a permis d’apporter culture et divertissement aux communautés les plus isolées, des zones rurales aux quartiers périphériques, et a souvent constitué un événement annuel attendu par les populations locales.
Au-delà de sa dimension familiale, le cirque traditionnel chilien est un écosystème qui soutient de nombreux métiers spécialisés, de la construction du chapiteau à la création des costumes et des numéros. Ces savoir-faire puisent dans les traditions latino-américaines, européennes et locales qui ont façonné le cirque depuis le XIXe siècle.
« Il n’y a aucune famille au Chili qui ne soit allée au cirque et n’en ait profité ; c’est quelque chose de très précieux »
Carolina Pérez, sous-secrétaire au patrimoine culturel
Carolina Pérez souligne l’importance de préserver cette tradition, d’autant plus qu’elle est moins fréquentée qu’autrefois. La reconnaissance de l’UNESCO permettrait de valoriser cet héritage populaire et de soutenir sa pérennité, non seulement pour les Chiliens, mais pour le monde entier. Le Chili attend désormais la décision finale.
La candidature chilienne s’inscrit dans un contexte plus large, avec d’autres pays d’Amérique latine et des Caraïbes qui ont également soumis des dossiers à l’UNESCO. Parmi ces candidatures figurent le son cubain, la représentation de la Passion du Christ à Iztapalapa au Mexique, la construction de quinchas au Panama, le joropo vénézuélien, le cuartero de Córdoba d’Argentine, le compas d’Haïti, l’art Ñai’upo paraguayen, la musique et la danse aymara de Sarawja au Pérou, la Fête de la Vierge de Guadalupe en Bolivie et le bram et sambai de Noël du lamantin de Wales Point au Belize.
Les résultats de ces candidatures seront annoncés après examen par le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui tiendra sa vingtième session du 8 au 13 décembre à New Delhi, en Inde.
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