Publié le 7 décembre 2025. Le cinéma vietnamien connaît une croissance remarquable, portée par un public toujours plus nombreux et une part de marché en hausse. Lors du 24e Festival du film vietnamien, des experts ont souligné la nécessité d’une stratégie à long terme pour consolider cette dynamique et faire du cinéma un véritable pilier de l’industrie culturelle nationale.
- Le cinéma vietnamien a dépassé les niveaux d’avant la pandémie, affichant une hausse de 20 % des recettes par rapport à 2019.
- La part des films vietnamiens sur le marché domestique a atteint un record de 62 % en 2025.
- Les nouvelles technologies, telles que la production virtuelle et l’intelligence artificielle, offrent de nouvelles opportunités aux cinéastes vietnamiens.
Le 24e Festival du film vietnamien, qui s’est tenu à Hô Chi Minh-Ville du 21 au 25 novembre, a été l’occasion d’une réflexion approfondie sur l’avenir de l’industrie cinématographique vietnamienne. Un atelier intitulé « Développement de l’industrie cinématographique à l’ère nouvelle » a réuni des professionnels du secteur, des experts et des représentants du gouvernement pour discuter des défis et des opportunités qui se présentent.
Đinh Thi Thanh Huong, vice-présidente du conseil d’administration de Galaxy Group, a mis en évidence la performance exceptionnelle du cinéma national depuis la levée des restrictions liées à la pandémie. Alors que de nombreux pays asiatiques peinent à retrouver leur niveau d’activité de 2019, avec un plafonnement à 60 % des recettes, le Vietnam a non seulement dépassé ce seuil, mais a enregistré une augmentation de 20 %. En 2024, les films vietnamiens ont capté 42 % des recettes du marché intérieur, un chiffre qui a grimpé à 62 % en 2025. Selon Mme Huong, il s’agit d’un
« succès éclatant, fruit des efforts du secteur »
Đinh Thi Thanh Huong, vice-présidente du conseil d’administration de Galaxy Group
qui constitue une base solide pour l’émergence d’une industrie culturelle de premier plan.
Sur le plan réglementaire, la Dr Trân Thi Phuong Lan, directrice du Département de la culture et des arts de la Commission centrale de propagande et de mobilisation auprès des masses du Parti, a rappelé l’importance de la censure et de la classification des films. Ces mécanismes, essentiels pour garantir le respect des lois et des valeurs socioculturelles, doivent néanmoins évoluer pour ne pas entraver la créativité des cinéastes.
Le professeur associé Bùi Hoài Son, membre permanent de la Commission de la culture et des affaires sociales de l’Assemblée nationale, a insisté sur la nécessité de promouvoir un marché diversifié et une concurrence saine. Il a plaidé pour un environnement où « cent fleurs s’épanouissent », c’est-à-dire où différents genres cinématographiques peuvent coexister et prospérer. Il a également souligné l’importance de créer un Fonds du cinéma pour soutenir les projets artistiques ambitieux mais peu rentables, tout en dénonçant la domination des distributeurs étrangers et le manque de ressources humaines qualifiées, qui nécessitent des politiques de formation structurées et pérennes.
Le réalisateur Victor Vu a souligné l’importance de viser à la fois le public national et international. Il estime que l’identité culturelle vietnamienne, la vie quotidienne et la psychologie sociale du pays constituent des atouts majeurs pour séduire un public mondial, à l’instar des cinémas français, allemand ou japonais.
Les participants à l’atelier ont également mis en avant le potentiel des nouvelles technologies, telles que la production virtuelle, les effets spéciaux CGI, l’intelligence artificielle et les décors numériques. Autrefois réservées aux grandes productions internationales, ces innovations sont désormais accessibles aux créateurs vietnamiens, leur permettant de repousser les limites de leur art.
Plusieurs films vietnamiens utilisant ces technologies ont rencontré un franc succès au box-office en 2025, témoignant de l’intérêt du public pour des expériences cinématographiques innovantes. Le spectateur est ainsi devenu un acteur central de l’écosystème, non plus seulement un consommateur, mais une source d’inspiration et un moteur de tendances, incitant les cinéastes à se renouveler en permanence.
Pour le vice-ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme, Ta Quang Đông, les initiatives présentées lors du colloque renforceront les trois piliers du cinéma vietnamien : la créativité, l’identité culturelle et l’intégration internationale. Le secteur entre ainsi dans une nouvelle phase, où les œuvres conjuguent valeur artistique et efficacité commerciale, contribuant à la construction d’une véritable économie cinématographique nationale.
Tran Ngoc – Hoàng Phuong/CVN
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