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Le climat n’est pas une question électorale, il peut rendre les jeunes impuissants

Publié le 23 octobre 2025 à 12h48. L'urgence climatique peine à trouver sa place dans la campagne électorale actuelle aux Pays-Bas, suscitant un sentiment d'impuissance chez de nombreux jeunes qui se disent de plus en plus désengagés du…

Le climat n’est pas une question électorale, il peut rendre les jeunes impuissants

Publié le 23 octobre 2025 à 12h48. L’urgence climatique peine à trouver sa place dans la campagne électorale actuelle aux Pays-Bas, suscitant un sentiment d’impuissance chez de nombreux jeunes qui se disent de plus en plus désengagés du processus politique.

  • Le mouvement Young Climate Movement constate une « paralysie climatique » chez les jeunes, un sentiment d’impuissance face à l’inaction politique.
  • Une étude d’Ipsos I&O révèle que les jeunes considèrent le changement climatique comme un problème abstrait, avec un impact limité sur leur quotidien.
  • La participation électorale des jeunes aux Pays-Bas est en baisse, tandis que celle des électeurs plus âgés augmente.

Le changement climatique semble relégué au second plan dans la campagne électorale actuelle, un constat qui inquiète les jeunes générations. Pour certains, cette absence de débat suscite une « paralysie climatique », un sentiment d’impuissance et de découragement face à l’ampleur du problème et au manque d’action politique concrète, selon le Young Climate Movement.

Une étude menée par l’agence de recherche Ipsos I&O l’été dernier a révélé que les jeunes, bien conscients des conséquences potentiellement désastreuses du changement climatique, le perçoivent souvent comme un « concept abstrait » ayant « peu d’impact tangible sur leur environnement immédiat ». L’agence conclut que l’ampleur du défi climatique peut engendrer un sentiment de paralysie et de déprime chez les jeunes.

« Ce n’est pas que les jeunes s’en moquent, mais ils ont souvent l’impression que manifester ne sert plus à rien », explique Daan Zieren, président du Young Climate Movement. « Ils apprennent à l’école que le monde est en danger, mais ils constatent ensuite que les politiciens ne prennent pas de décisions courageuses et ne proposent pas de vision d’avenir. Cela crée un grand sentiment d’incertitude et de manque de clarté, et finalement, de paralysie. Pourquoi s’engager alors ? »

Cette désaffection se traduit également par une baisse de la participation électorale des jeunes aux Pays-Bas, tandis que celle des électeurs plus âgés est en augmentation. L’âge moyen des électeurs lors de ces élections est d’environ 50 ans, avec près d’un tiers ayant 65 ans ou plus.

« Les jeunes d’aujourd’hui seront particulièrement touchés par le changement climatique à l’avenir », souligne Daan Zieren. « Ils devraient être davantage impliqués dans les décisions concernant la politique climatique, avec ou sans droit de vote. »

« Nous savons tous que cela est dû à l’azote et au changement climatique, et pourtant rien ne se passe. »

César Weenink, 16 ans, guide nature

Selon Daan Zieren, parmi les jeunes électeurs, on observe un pessimisme quant à l’impact réel de leur vote. « Le sujet revient peu dans les discussions politiques, ce qui les amène à se demander : mon vote ne sert à rien. Cela se traduit également dans leurs comportements : pourquoi me priver d’acheter des vêtements fabriqués en Chine, pensent-ils, de toute façon, cela ne changera rien. »

Il regrette l’absence de ce sujet dans les campagnes électorales et les médias. « Les politiciens et les journalistes évitent de plus en plus d’aborder ces questions. Lors du débat sur RTL, l’avenir des voitures à combustibles fossiles n’a été évoqué que très brièvement à la fin, ce qui est loin du cœur du problème climatique. »

Pour César Weenink, 16 ans, cette absence de débat dans la campagne engendre un profond sentiment d’impuissance. Il est passionné par la nature, où il aime observer les oiseaux et sensibiliser les autres à la beauté de l’environnement.

Il organise régulièrement des visites guidées dans les dunes près de Bakkum. « Je vois la nature changer autour de moi : le nombre d’oiseaux des champs diminue, les insectes pollinisateurs souffrent des pesticides. Mais la politique semble indifférente. On assiste à l’effondrement du monde, et les gens ferment les yeux. Cela me brise le cœur. »

Il déplore que les politiciens ne tiennent pas leurs promesses, même s’ils ont été élus sur ces engagements. « La nature est essentielle et subit une pression énorme. Nous savons tous que cela est dû à l’azote et au changement climatique, et pourtant rien ne se fait. Son importance est considérablement sous-estimée et elle est mal gérée par les politiciens néerlandais. Cela rend les gens autour de moi pessimistes. »

Comment inverser cette tendance, selon le Young Climate Movement ? « Il faut rendre le sujet concret. Les politiciens pourraient présenter des visions d’avenir sur la manière dont nous éviterons une consommation excessive de produits de fast fashion, ou sur la manière dont nous passerons à une énergie verte, ou encore sur l’origine de notre nourriture dans cinquante ans. Si la politique montre ce qui est possible, l’imagination se déploie et les jeunes se sentent moins impuissants. »

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.