Publié le 12 octobre 2025 22:46:00. Le chef fondateur de la bande criminelle vénézuélienne « Train d’Aragua », incarcéré en Colombie, a proposé au président Gustavo Petro d’entamer des négociations en vue d’une démobilisation de l’organisation, une offre confirmée par le bureau du Haut-Commissaire pour la Paix.
- Larry Álvarez, alias « Larry Changa », a adressé une lettre au président colombien, au ministère de la Justice et au Haut-Commissaire pour la Paix.
- Le « Train d’Aragua » est actif dans une dizaine de pays d’Amérique latine et a été désigné comme une organisation criminelle transnationale majeure par les États-Unis.
- Cette initiative s’inscrit dans la politique de « paix totale » promue par Gustavo Petro pour mettre fin au conflit armé en Colombie.
Une proposition inattendue est arrivée sur le bureau du président colombien Gustavo Petro. Larry Álvarez, surnommé « Larry Changa », l’un des fondateurs de l’organisation criminelle vénézuélienne « Train d’Aragua », a officiellement sollicité l’ouverture de pourparlers de paix. La lettre, adressée également au ministère de la Justice et au Haut-Commissaire pour la Paix, a été confirmée comme authentique par les autorités colombiennes.
Álvarez, qui a fondé cette organisation née au sein de la prison vénézuélienne de Tocorón, demande à être désigné « Gestionnaire de la paix », afin de faciliter les négociations et de mettre en place un processus de démobilisation viable. Le document, signé par ses avocats, a été diffusé ce samedi sur les réseaux sociaux et relayé par les médias locaux.
Capturé en Colombie l’année dernière, Álvarez est actuellement détenu dans une prison de Bogotá. Malgré son incarcération, il semble vouloir jouer un rôle dans une éventuelle résolution pacifique.
Le « Train d’Aragua », dont l’influence s’étend à une dizaine de pays de la région, a été désigné en juillet 2024 par les États-Unis comme une « organisation criminelle transnationale majeure » (plus d’informations), ce qui implique le gel de tous ses avoirs sur le territoire américain.
L’affaire Álvarez est d’autant plus complexe que la Cour suprême colombienne avait accepté en août dernier d’extrader le chef criminel vers le Chili, où il est poursuivi pour terrorisme, trafic d’armes, extorsion et enlèvement.
Gustavo Petro, arrivé au pouvoir en 2022, a fait de la « paix totale » un pilier de sa politique, dans l’espoir de mettre un terme au conflit armé qui déchire la Colombie depuis des décennies, même après l’accord de paix conclu en 2016 avec l’ancienne guérilla des FARC. Ce conflit historique, impliquant guérillas, forces de l’État et groupes paramilitaires, a déjà fait près de 9,9 millions de victimes, principalement des déplacés.
gs (afp, El Espectador, Blue Radio)
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