Publié le 24 novembre 2025 à 16h04. L’armée américaine restreint les congés de son personnel et se prépare à d’éventuelles opérations militaires dans les Caraïbes, sur fond de tensions croissantes avec le Venezuela et de désignation d’un cartel lié au régime de Maduro comme organisation terroriste.
- Le Commandement Sud des États-Unis a limité les permissions de congé pour son personnel pendant les fêtes de Thanksgiving et de Noël.
- Le Département d’État américain a désigné le « Cartel des Soleils » comme organisation terroriste étrangère, l’associant à des hauts responsables vénézuéliens.
- Washington a renforcé sa présence militaire dans la région, avec un important déploiement naval et aérien.
Washington se prépare à une possible intervention dans la région des Caraïbes, une zone stratégique où les États-Unis maintiennent une présence militaire importante depuis la guerre du Golfe. Cette décision intervient après une escalade des tensions avec le Venezuela, notamment en raison des accusations portées contre le régime de Nicolás Maduro et de son implication présumée dans le trafic de drogue.
Lundi, le Département d’État américain a officiellement qualifié le « Cartel des Soleils » – qu’il lie directement à Maduro et à des figures clés du gouvernement vénézuélien – d’organisation terroriste étrangère. Cette désignation permet d’imposer des sanctions juridiques et financières plus sévères contre le président vénézuélien et son entourage. Selon Washington, le cartel opère avec le soutien de l’État vénézuélien et Maduro serait à la tête d’un « gang narcoterroriste ».
En réponse à ces accusations, les États-Unis ont accru leur présence militaire dans les Caraïbes dans le cadre de l’« Opération Lance Sud », commandée par le Commandement Sud. Officiellement axée sur la lutte contre le trafic de drogue et la protection du territoire américain, cette opération vise également à exercer une pression sur le régime de Maduro, que Washington considère comme illégitime et impliqué dans des activités illicites. Le dispositif comprend le porte-avions USS Gerald R. Ford, des destroyers, des sous-marins nucléaires, des bombardiers B-52, des avions de combat F-35 et environ 12 000 soldats répartis sur une douzaine de navires. Des exercices de tir réel et des manœuvres conjointes ont également été organisés avec des alliés tels que Trinité-et-Tobago et Porto Rico.
Caracas a réagi en ordonnant une « veille permanente » et en déployant des forces civiles, militaires et policières dans plusieurs États côtiers du Venezuela, notamment dans l’est du pays. Le gouvernement vénézuélien interprète l’augmentation de la présence militaire américaine comme une menace directe et a renforcé la défense de ses côtes par des exercices militaires, le déploiement de missiles et la mobilisation de milices civiles. Les responsables vénézuéliens accusent Washington de chercher à provoquer un changement de régime sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue.
L’ancien président américain Donald Trump avait déjà déclaré avoir pris une décision concernant le Venezuela, sans toutefois préciser publiquement s’il y aurait une action militaire directe, utilisant l’ambiguïté comme levier de pression. La possibilité d’une escalade suscite des inquiétudes dans la région, compte tenu de la combinaison d’exercices militaires, d’accusations mutuelles et d’un niveau d’alerte maximal des deux côtés des Caraïbes.