Home MondeLe Congrès américain demande le témoignage du régulateur australien « fanatique » d’Internet

Le Congrès américain demande le témoignage du régulateur australien « fanatique » d’Internet

by Clara Dubois

Publié le 20 novembre 2023 18:32:00. Un responsable américain accuse l’Australie de vouloir étendre sa réglementation de la sécurité en ligne au-delà de ses frontières, menaçant selon lui la liberté d’expression aux États-Unis. Le régulateur australien de l’Internet a été convoqué à témoigner devant le Congrès.

  • Le président de la commission judiciaire américaine, Jim Jordan, a accusé la commissaire à la sécurité électronique australienne, Julie Inman Grant, de vouloir imposer une censure mondiale du contenu en ligne.
  • M. Jordan a demandé à Mme Inman Grant de comparaître devant le Congrès avant le 2 décembre, date proche du lancement d’une nouvelle réglementation australienne limitant l’accès des mineurs aux réseaux sociaux.
  • L’Australie défend sa législation, affirmant qu’elle ne cherche pas à restreindre la liberté d’expression des Américains.

La polémique prend racine dans l’application de la loi australienne sur la sécurité en ligne (eSafety), qui vise à protéger les utilisateurs contre les contenus préjudiciables. Jim Jordan, dans une lettre adressée à Julie Inman Grant, estime que cette loi, par son application extraterritoriale, constitue une menace directe pour la liberté d’expression aux États-Unis. Il la qualifie de « fanatique notoire des démantèlements mondiaux » et lui demande de s’expliquer devant les législateurs américains.

Mme Inman Grant est notamment critiquée pour avoir intenté une action en justice l’année dernière contre la plateforme X (anciennement Twitter) d’Elon Musk, afin de forcer la suppression de vidéos diffusant en direct une attaque à l’arme blanche dans une église de Sydney. Cet incident, qualifié d’acte terroriste, avait suscité une vive émotion. Bien que l’affaire ait finalement été abandonnée, X avait bloqué l’accès aux vidéos en Australie. M. Jordan accuse Mme Inman Grant d’avoir collaboré avec des organisations favorables à la censure pour étendre le contrôle australien sur le contenu en ligne à l’échelle mondiale.

Dans sa réponse, le porte-parole de Mme Inman Grant a souligné qu’elle est responsable de l’application des lois australiennes et qu’elle est redevable au ministre australien des Communications et au Parlement australien. Il a également affirmé que

« Il n’y a rien que fait eSafety qui empêche les entreprises américaines d’afficher ce qu’elles veulent aux Américains. »

Porte-parole de Julie Inman Grant

La lettre de M. Jordan fait également référence à un discours prononcé par Mme Inman Grant à l’Université de Stanford, qu’il juge « troublant », et accuse l’université d’avoir mené des « efforts passés » pour censurer le discours américain légal. Il exprime son inquiétude quant aux ordonnances de retrait de contenu à l’échelle mondiale, les considérant comme une atteinte à la liberté d’expression et un précédent dangereux pour d’autres gouvernements.

Cette convocation intervient alors que l’Australie s’apprête à mettre en œuvre une nouvelle réglementation visant à limiter l’accès des moins de 16 ans aux réseaux sociaux, une mesure qui suscite déjà des débats sur l’équilibre entre la protection des jeunes et la liberté d’expression.

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