Publié le 7 janvier 2024 à 14h08. Le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery (WBD) a confirmé son choix de fusionner avec Netflix, rejetant une offre améliorée de Paramount Global, malgré une garantie financière substantielle de Larry Ellison.
- Le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery a rejeté à l’unanimité l’offre de Paramount Global, estimant qu’elle ne servait pas au mieux les intérêts de l’entreprise et de ses actionnaires.
- Paramount Global avait proposé une valeur totale de 108,4 milliards de dollars (environ 99,7 milliards d’euros), incluant une garantie personnelle de 40,4 milliards de dollars (environ 37,3 milliards d’euros) de Larry Ellison, fondateur d’Oracle.
- WBD privilégie l’accord de fusion avec Netflix, estimé à 83 milliards de dollars (environ 76,7 milliards d’euros), qu’elle juge plus sûr et plus avantageux.
La saga des offres et contre-offres pour le contrôle de Warner Bros. Discovery a pris un nouveau tournant ce mercredi, avec la décision du conseil d’administration de maintenir le cap sur la fusion avec Netflix. Malgré une tentative de Paramount Global de renverser la situation en augmentant sa proposition et en apportant des garanties financières supplémentaires, WBD reste convaincu que l’accord avec le géant du streaming est la meilleure voie à suivre.
Paramount Global, soutenu par Larry Ellison, avait mis sur la table une offre de 108,4 milliards de dollars, incluant une garantie personnelle de 40,4 milliards de dollars de l’homme d’affaires. Cette garantie visait à dissiper les inquiétudes concernant la capacité de Paramount à financer l’acquisition. David Ellison, fils de Larry et PDG de Paramount Skydance, est à l’origine de cette offensive.
Cependant, WBD a motivé son refus en soulignant les « coûts, risques et incertitudes importants » liés à l’offre de Paramount. Selon l’entreprise, le niveau élevé d’endettement nécessaire pour financer l’opération augmente considérablement le risque d’échec, contrairement à la « certitude » offerte par la fusion avec Netflix.
L’accord initial entre Netflix et Warner Bros. Discovery, annoncé le 5 décembre dernier, porte sur l’acquisition du studio et de ses activités de streaming, notamment HBO Max, pour près de 83 milliards de dollars. Cette opération constituerait la plus importante du secteur depuis une décennie.
Samuel Di Piazza Jr., président du conseil d’administration de WBD, a déclaré que l’offre de Paramount « continue de ne pas offrir une valeur suffisante, incluant des conditions telles qu’un montant extraordinaire de financement par emprunt qui crée des risques de clôture et manque de protection pour nos actionnaires si la transaction n’est pas finalisée ». Il a réaffirmé que l’accord avec Netflix « offrira une valeur supérieure avec des niveaux de certitude plus élevés ».
Bien que Paramount Global n’ait pas immédiatement réagi, son offre reste ouverte jusqu’au 21 janvier, permettant aux actionnaires de Warner de soumettre leurs actions. L’issue de cette bataille pour le contrôle de WBD reste donc incertaine.
La fusion, quelle qu’elle soit, devra obtenir l’approbation des autorités de régulation, notamment du ministère américain de la Justice et des organismes internationaux. Un examen antitrust approfondi est à prévoir, avec la possibilité de recours judiciaires ou d’interventions politiques, comme le suggère le président Donald Trump qui s’est dit prêt à intervenir dans le processus.
L’enjeu de cette bataille dépasse le simple rachat d’une entreprise. Netflix vise à acquérir les activités de studio et de streaming de Warner, tandis que Paramount Global ambitionne de prendre le contrôle de l’ensemble de l’entreprise, y compris des chaînes d’information comme CNN et des chaînes de divertissement comme Discovery. Si l’accord avec Netflix se concrétise, les activités d’information et de câble de Warner seraient scindées en une société indépendante.
Pour aller plus loin
