Home MondeLe Conseil de sécurité de l’ONU approuve le plan marocain controversé de rejet du référendum sahraoui

Le Conseil de sécurité de l’ONU approuve le plan marocain controversé de rejet du référendum sahraoui

by Clara Dubois

Publié le 1er novembre 2025 à 09h48 CET. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution soutenant les revendications de souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, marquant un tournant significatif dans ce conflit de longue date et suscitant des réactions contrastées au sein de la communauté internationale.

  • Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé une résolution soutenant la revendication marocaine sur le Sahara occidental.
  • 11 pays ont voté en faveur de la résolution, tandis que la Russie, la Chine et le Pakistan se sont abstenus et l’Algérie n’a pas participé au vote.
  • La résolution suggère qu’une autonomie sous souveraineté marocaine pourrait être la solution la plus viable, renouvelant la mission de maintien de la paix de l’ONU pour un an.

Cette résolution, parrainée par les États-Unis, représente un changement notable dans la position internationale concernant le Sahara occidental, un territoire contesté depuis des décennies. Elle s’aligne sur l’approche de l’administration Trump, qui avait déjà exprimé son soutien au contrôle de Rabat sur le territoire. L’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, s’est félicité d’un vote qui, selon lui, « saisit un moment unique et donne une dynamique pour parvenir à la paix au Sahara occidental ».

La résolution stipule que « une véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait constituer la solution la plus réalisable ». C’est la première fois qu’un mandat du Conseil de sécurité approuve explicitement l’issue souhaitée par le Maroc. Elle prolonge également la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour une année supplémentaire, tout en prévoyant un réexamen dans six mois en fonction des progrès réalisés.

Le président américain Donald Trump avait déjà manifesté son soutien à la souveraineté marocaine en juillet, dans un message adressé au roi Mohammed VI. Il avait alors déclaré :

« Je réitère également que les États-Unis reconnaissent la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et soutiennent la proposition d’autonomie sérieuse, crédible et réaliste du Maroc comme seule base pour une solution juste et durable au différend. »

Donald Trump, président des États-Unis

Massad Boulos, conseiller principal de Trump pour les affaires africaines, a réaffirmé ce soutien dans une interview accordée à ‘Sky News Arabia’ cette semaine. De plus, l’envoyé spécial américain, Steve Witkoff, a estimé à CBS qu’un accord entre le Maroc et l’Algérie pourrait être conclu dans les 60 jours, malgré l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays depuis quatre ans.

Le Sahara occidental, une bande de désert côtier d’une superficie équivalente à celle de l’Italie (environ 266 000 kilomètres carrés), était sous domination espagnole jusqu’en 1975. Le Front Polisario, un mouvement nationaliste et militant basé dans les camps de réfugiés du sud-ouest de l’Algérie, revendique la représentation du peuple sahraoui et exige un référendum d’autodétermination incluant l’indépendance comme option.

Le Polisario a fermement rejeté cette résolution, affirmant qu’il ne participera à aucun processus visant à « légitimer l’occupation militaire illégale du Maroc ». Selon lui, la paix ne pourra être atteinte en « récompensant l’expansionnisme ». Des manifestations ont eu lieu cette semaine dans les camps de réfugiés sahraouis en Algérie.

Le cessez-le-feu de 1991, initialement destiné à permettre l’organisation d’un référendum d’autodétermination, n’a jamais pu être mis en œuvre en raison de désaccords sur l’éligibilité des électeurs. Le Polisario s’est retiré du cessez-le-feu en 2020 suite à des affrontements près d’une autoroute en construction reliant le Maroc à la Mauritanie, et l’ONU a signalé des « hostilités de faible intensité » par la suite.

En octobre, l’envoyé de l’ONU, Staffan de Mistura, avait proposé une partition du Sahara occidental, une suggestion rejetée par les deux parties. Le Maroc contrôle actuellement la quasi-totalité du territoire, à l’exception d’une étroite bande à l’est d’un mur de sable érigé par le royaume. Rabat a investi massivement dans le développement du territoire, notamment avec la construction d’un port en eau profonde et d’une autoroute de 1 055 kilomètres, tout en maintenant les prix bas grâce à des subventions étatiques.

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