Publié le 24 septembre 2025 14:35. L’ancien président américain Donald Trump propose aux dirigeants mondiaux de rejoindre un nouveau conseil dédié à la paix au Moyen-Orient, moyennant un don conséquent d’un milliard de dollars (environ 930 millions d’euros) pour obtenir un siège permanent.
- Donald Trump a lancé une initiative pour la reconstruction et la gouvernance de Gaza, via un nouveau « Conseil de la Paix ».
- L’adhésion permanente à ce conseil est conditionnée par un don d’un milliard de dollars (environ 930 millions d’euros).
- Cette initiative est perçue comme une tentative de créer une alternative à l’ONU, que Trump critique ouvertement.
L’ancien président américain Donald Trump a dévoilé un plan ambitieux pour la paix au Moyen-Orient, centré sur la reconstruction de Gaza et la mise en place d’une administration palestinienne de transition. Au cœur de cette initiative se trouve un nouveau « Conseil de la Paix », dont Trump assurera la présidence. Cependant, l’accès à ce conseil exclusif s’avère onéreux : un don d’un milliard de dollars (environ 930 millions d’euros) est exigé pour obtenir un siège permanent.
Selon la charte de ce conseil, dont The Atlantic a eu connaissance, les membres seront invités par Trump pour un mandat initial de trois ans, renouvelable à sa discrétion. Mais une voie plus pérenne est offerte à ceux qui sont prêts à investir massivement : « La durée d’adhésion de trois ans ne s’appliquera pas aux États membres qui contribuent plus de 1 000 000 000 de dollars américains en espèces au Conseil de la paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte. » L’utilisation précise de ces fonds n’est pas détaillée dans le document, qui se contente d’évoquer le financement de la reconstruction à Gaza et d’autres initiatives de revitalisation.
Dylan Johnson, porte-parole de la Maison Blanche, a salué cette initiative comme un « nouveau départ historique au Moyen-Orient », affirmant que « le monde entier s’aligne pour rejoindre l’effort historique du président Trump pour apporter la paix au Moyen-Orient et créer un avenir pacifique et prospère pour la population de Gaza ».
Ce projet, approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU en novembre dernier dans le cadre d’un plan en 20 points pour Gaza, semble dépasser son objectif initial. La charte du Conseil de la Paix laisse entrevoir l’ambition de Trump de créer une organisation rivale de l’ONU, débarrassée de ses prétendues inefficacités. Le préambule de la charte souligne la nécessité d’un « organisme international de consolidation de la paix plus agile et plus efficace » et insiste sur l’importance d’un « jugement pragmatique » et de solutions « de bon sens ».
Le Conseil de la Paix a été officiellement formé le lendemain d’une annonce de Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump, qui a annoncé le lancement de la deuxième phase du plan de paix : « la démilitarisation complète et la reconstruction de Gaza », ainsi que la mise en place d’« une administration palestinienne technocratique de transition ».
Le conseil d’administration du Conseil de la Paix, son organe décisionnel, est composé de sept personnalités nommées par la Maison Blanche : le secrétaire d’État Marco Rubio, Jared Kushner (gendre et ancien conseiller de Trump), l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, Ajay Banga (président de la Banque mondiale), le financier Marc Rowan, Robert Gabriel (conseiller adjoint à la sécurité nationale et ancien producteur de Fox News) et Steve Witkoff lui-même. Un groupe distinct de technocrates palestiniens, dirigé par l’ancien responsable de l’Autorité palestinienne Ali Sha’ath, est chargé de la gestion quotidienne de Gaza.
D’autres annonces concernant le Conseil de la Paix sont attendues lors du Forum économique mondial de Davos, qui débute lundi. Trump a déclaré aux journalistes à bord d’Air Force One que le conseil comprendrait « les dirigeants les plus importants des nations les plus importantes ». Il a également envoyé des lettres d’invitation à plusieurs chefs d’État, dont le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan, selon un message publié sur X par le chef du bureau de communication d’Erdogan, et le Premier ministre canadien Mark Carney, qui a accepté, selon The Globe and Mail.
Cette initiative s’inscrit dans le contexte du mépris affiché par Trump à l’égard de l’ONU. Lors de son discours devant l’Assemblée générale en septembre dernier, il avait longuement critiqué l’organisation, demandant : « Quel est le but des Nations Unies ? » et affirmant qu’elle n’exploitait « même pas près » de son potentiel. Il avait également revendiqué avoir dû intervenir pour mettre fin à des conflits que l’ONU était incapable de résoudre.
Pour Trump, qui aspire ouvertement au prix Nobel de la paix, le Conseil de la Paix représente une occasion de laisser son empreinte sur la scène internationale, avec une organisation portant le nom même de son objectif. Mais cette ambition a un prix, et seuls les pays les plus riches seront en mesure de s’offrir un siège à la table des négociations.
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