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Le COVID pendant la grossesse peut augmenter le risque d’autisme, suggère une étude

by Sophie Martin

Publié le 1er novembre 2025 à 14h37. Une nouvelle étude suggère un lien possible entre une infection au COVID-19 pendant la grossesse et un risque accru de troubles neurodéveloppementaux, notamment l’autisme, chez l’enfant, sans pour autant établir de lien de causalité direct.

  • Une étude menée sur plus de 18 000 naissances révèle que les enfants dont la mère a contracté le COVID-19 pendant la grossesse présentent un risque accru de diagnostic de troubles neurodéveloppementaux à l’âge de 3 ans.
  • Ce risque accru est d’environ 30 %, après ajustement pour d’autres facteurs potentiels, mais le risque absolu reste faible.
  • Les chercheurs émettent l’hypothèse que l’activation immunitaire chez la mère, plutôt que le virus lui-même, pourrait être responsable de ces observations.

Les résultats de cette étude, publiée dans la revue Obstetrics & Gynecology, viennent s’ajouter à un ensemble croissant de données suggérant que les infections pendant la grossesse peuvent influencer le développement neurologique du fœtus. L’étude a examiné les dossiers de santé électroniques de plus de 18 000 naissances survenues entre le 1er mars 2020 et le 31 mai 2021, au plus fort de la pandémie de COVID-19. Les chercheurs ont comparé les enfants nés de mères ayant testé positif au COVID-19 par PCR avec ceux nés de mères négatives.

Sur les 861 enfants nés de mères ayant contracté le COVID-19 pendant la grossesse, 16,3 % ont reçu un diagnostic de trouble neurodéveloppemental à l’âge de 3 ans, contre 9,7 % pour les 17 263 enfants nés de mères non infectées. Ces diagnostics incluaient non seulement l’autisme, mais aussi des troubles de la parole et du langage, des troubles de la fonction motrice et d’autres affections.

« Même s’il y a un risque accru d’autisme et d’autres troubles du développement neurologique, le risque absolu reste relativement faible, en particulier pour l’autisme », explique Andrea Edlow, spécialiste en médecine maternelle et fœtale au Massachusetts General Hospital et principale auteure de l’étude.

Les scientifiques soulignent que le SRAS-CoV-2 traverse rarement la barrière placentaire, ce qui les amène à penser que ce n’est pas le virus lui-même qui augmente le risque. Ils suspectent plutôt que l’activation du système immunitaire de la mère pourrait jouer un rôle crucial dans le développement cérébral du fœtus. Kristina Adams Waldorf, professeure d’obstétrique et de gynécologie à l’Université de Washington, explique que de nombreux types d’infections ou d’inflammations maternelles pourraient envoyer un signal au fœtus, affectant son développement cérébral. Elle a co-écrit une étude portant sur 1,7 million de personnes nées en Suède et suivies pendant 41 ans, qui a révélé des taux plus élevés d’autisme et de dépression chez celles qui avaient été exposées à une infection in utero.

L’étude a également mis en évidence que l’infection au COVID-19 au troisième trimestre de la grossesse et la progéniture masculine étaient les plus fortement associées à un risque accru de troubles neurodéveloppementaux. Le troisième trimestre est une période critique pour le développement du cerveau fœtal, et les garçons sont généralement diagnostiqués avec l’autisme à des taux plus élevés que les filles.

Brian Lee, professeur d’épidémiologie à l’Université Drexel, souligne que l’étude présente certaines limites, notamment l’absence de prise en compte de l’état de santé général des mères. Les femmes ayant une moins bonne santé physique et souffrant de troubles mentaux sont plus susceptibles de développer des enfants atteints de troubles neurodéveloppementaux et sont également plus vulnérables aux infections graves au COVID-19.

De plus, l’étude n’a pas spécifiquement pris en compte le statut vaccinal des mères, bien que la vaccination contre le COVID-19 ait été peu répandue pendant la période de l’étude. Des recherches antérieures ont démontré que la vaccination protège les femmes enceintes – qui sont plus susceptibles de tomber gravement malades et de mourir du COVID-19 – et leurs fœtus de la maladie.

Il est important de rappeler que l’autisme est un ensemble complexe de troubles, dont la sévérité varie considérablement, et que de nombreux facteurs contribuent à son développement, la génétique jouant un rôle prépondérant. Les facteurs environnementaux, tels que les infections, peuvent également jouer un rôle.

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