Publié le 16 mai 2024 23:52:00. Un projet de loi visant à faciliter l’accès à l’avortement en Irlande a échoué à être réinscrit à l’ordre du jour du Dáil Éireann, la chambre basse du Parlement irlandais, lors d’un vote serré où les voix se sont partagées à 73 contre 71. Cette décision intervient après la dissolution du précédent Parlement.
- Le projet de loi supprimait le délai d’attente obligatoire de trois jours pour l’avortement sur demande.
- Le vote a révélé des dissensions au sein des partis gouvernementaux, avec des ministres votant de manière différente.
- La législation, qui n’a pas été adoptée avant les élections générales, devra être à nouveau présentée au nouveau Dáil.
Le débat sur l’accès à l’avortement reste vif en Irlande, même après l’abrogation de l’interdiction constitutionnelle en 2018 suite à un référendum historique. Le projet de loi en question, porté initialement par la députée Brigitte Smith, qui a depuis pris sa retraite, visait à assouplir davantage les conditions d’accès à l’interruption volontaire de grossesse.
Le vote de mercredi soir a été particulièrement tendu, avec un premier rejet par 72 voix contre 70 lors d’un vote électronique. Un second vote, par appel nominal à la demande du député Paul Murphy, a confirmé le rejet par 73 voix contre 71, ne séparant les camps que par deux voix. Ce résultat constitue le vote le plus serré de la session parlementaire actuelle.
Plusieurs membres du gouvernement ont pris position en faveur du rétablissement du projet de loi à l’ordre du jour, notamment la ministre de la Santé, Jennifer Carroll MacNeill, la ministre des Affaires étrangères, Helen McEntee, et le ministre des Dépenses publiques, Jack Chambers. Ce dernier avait d’ailleurs voté contre l’abrogation de l’interdiction de l’avortement lors du référendum de 2018. Le ministre de l’Enseignement supérieur, James Lawless, ainsi que les ministres d’État Timmy Dooley et Christopher O’Sullivan ont également soutenu la proposition.
À l’inverse, les ministres d’État Emer Higgins et Colm Brophy se sont abstenus, tout comme le député du Fianna Fáil, Malcolm Byrne, et Naoise Ó Cearúl. Les partis politiques travaillistes (Labour Party), sociaux-démocrates (Social Democrats) et plusieurs députés indépendants ont voté en faveur du projet de loi. Les députés d’Irlande indépendante (Independent Ireland) et du parti Aontú (Aontú) se sont prononcés contre.
Outre la suppression du délai d’attente de trois jours, la législation permettait également l’avortement sur demande avant la viabilité fœtale et autorisait l’interruption de grossesse en cas d’anomalie fœtale mortelle susceptible d’entraîner le décès du fœtus avant ou après la naissance (dans l’année qui suit).
La dissolution du Dáil a automatiquement invalidé le projet de loi. Pour qu’il puisse être à nouveau débattu, il devra être réinscrit à l’ordre du jour du nouveau Parlement. L’issue de ce débat dépendra de la composition du nouveau Dáil et des positions des différents partis politiques sur cette question sensible.
