Home NouvellesLe décompte lent après les élections au Honduras place les conservateurs Asfura et Nasralla dans une « égalité technique »

Le décompte lent après les élections au Honduras place les conservateurs Asfura et Nasralla dans une « égalité technique »

by Nicolas Lefèvre

Publié le 26 septembre 2023 18h47. L’élection présidentielle hondurienne, marquée par une égalité technique entre les candidats Nasry Asfoura et Salvador Nasralla, est scrutée de près, notamment en raison de l’influence inattendue de l’ancien président américain Donald Trump sur la campagne.

  • Nasry Asfoura et Salvador Nasralla sont au coude à coude avec un écart de seulement 515 voix après le dépouillement de 57,03 % des bulletins.
  • Le soutien tardif de Donald Trump à Asfoura a semblé influencer les électeurs indécis, notamment en raison de la perception d’une lutte contre les « narcocommunistes ».
  • La Commission nationale électorale (CNE) appelle à la patience et à la sérénité en attendant le décompte final, qui pourrait prendre jusqu’à 30 jours.

Tégucigalpa, Honduras – L’incertitude règne au Honduras après une élection présidentielle serrée qui voit l’ancien maire de la capitale, Nasry Asfoura, et le commentateur sportif Salvador Nasralla se livrer une lutte acharnée. Les résultats préliminaires, publiés lundi, indiquent une quasi-égalité entre les deux candidats, avec Asfoura obtenant 39,91 % des voix et Nasralla 39,89 % après le dépouillement de 57,03 % des bulletins. Rixi Moncada, du parti au pouvoir Libertad y Refoundación (LIBRE), arrive en troisième position avec 19,16 %.

Reyna Vega, 52 ans, tient un petit restaurant à Tegucigalpa où elle sert des petits-déjeuners simples. Elle confie avoir voté pour Asfoura, espérant un retour à une situation économique plus stable. « Au cours des quatre dernières années, les prix de tout ont augmenté », explique-t-elle. Elle, comme beaucoup d’autres, aspire à un changement après les années de gouvernement LIBRE.

L’intervention tardive de Donald Trump dans la campagne a surprigué de nombreux observateurs. Quelques jours avant le vote, l’ancien président américain a apporté son soutien à Asfoura, affirmant qu’il était le seul candidat hondurien avec lequel son administration travaillerait pour lutter contre les « narcocommunistes ». Trump a également évoqué la possibilité de gracier Juan Orlando Hernández, l’ancien président extradé et condamné aux États-Unis pour trafic de drogue et d’armes. Plus d’informations sur la condamnation de Juan Orlando Hernández.

« Face à cette égalité technique, il faut rester serein, être patient et attendre que la CNE ait fini d’enregistrer les procès-verbaux… »

Ana Paola Hall, conseillère du président de la CNE

Selon Juan Carlos Aguilar, directeur de l’organisation non gouvernementale More Just Society, le soutien de Trump a eu un impact significatif sur l’électorat indécis. Nasry Asfoura, ancien maire de Tegucigalpa, s’est présenté comme un pragmatique, mettant en avant ses réalisations en matière d’infrastructures. Salvador Nasralla, quant à lui, a fait campagne sur la promesse d’éradiquer la corruption.

La CNE a appelé à la prudence et a rappelé que le processus de décompte pourrait prendre jusqu’à 30 jours. Les rues de Tegucigalpa sont restées relativement calmes malgré l’attente fébrile des résultats. Eddy Xavier Vega, le fils de Reyna, espère que le prochain président saura protéger les Honduriens vivant aux États-Unis et éviter leur expulsion.

« L’un ou l’autre est bon. Ce que nous ne voulions pas, c’était LIBRE », confie Eddy Xavier Vega, 32 ans, reflétant le sentiment de nombreux Honduriens qui aspirent à un changement de direction politique.

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