Les droits de douane instaurés par l’administration Trump ont contribué à une baisse significative du déficit commercial américain en septembre, atteignant son niveau le plus bas depuis plus de cinq ans. Cette diminution s’accompagne d’une volatilité accrue des échanges commerciaux, avec des impacts notables sur le produit intérieur brut.
Le déficit commercial des biens et services des États-Unis s’est établi à 52,8 milliards de dollars en septembre, en recul de 10,9 % par rapport aux 59,3 milliards de dollars enregistrés en août. Ce chiffre marque le déficit mensuel le plus faible depuis juin 2020. Les économistes interrogés par Reuters avaient anticipé un déficit de 63,3 milliards de dollars.
Depuis le début de l’année, le déficit commercial a augmenté de 112,6 milliards de dollars, soit 17,2 %, en raison d’une hausse des importations (7,7 %) plus importante que celle des exportations (5,2 %). Cependant, les exportations ont connu une progression de 3 % en septembre, atteignant 289,3 milliards de dollars – un niveau proche de leur record historique – grâce notamment aux ventes d’or non monétaire et de produits pharmaceutiques.
Les importations ont également augmenté, de 0,6 %, pour s’établir à 342,1 milliards de dollars. Les données gouvernementales révèlent une forte augmentation des importations pharmaceutiques (+3,1 milliards de dollars), tandis que les importations de biens d’équipement, d’automobiles et de biens de consommation (téléphones portables, appareils électroménagers, jouets, meubles) ont montré des signes de ralentissement.
Le déficit réel (corrigé de l’inflation) du commerce des marchandises a diminué de 5,6 %, soit 4,7 milliards de dollars, pour atteindre 79 milliards de dollars en septembre.
L’activité commerciale américaine a été marquée par une forte volatilité cette année, en grande partie due à la politique tarifaire de l’administration actuelle, qui a également influencé le PIB. Les importations record du premier trimestre ont ainsi réduit le PIB de 4,68 points de pourcentage, entraînant une contraction de 0,3 %.
À l’inverse, la Réserve fédérale d’Atlanta estime que les exportations nettes contribueront positivement à la croissance du PIB au troisième trimestre, à hauteur de 0,86 point de pourcentage, ce qui devrait porter la croissance globale à 3,5 %.
Selon les prévisions du New York Fed Staff Nowcast, l’économie américaine devrait croître d’environ 1,7 % au quatrième trimestre.
Les droits de douane mis en place par l’administration Trump ont permis de réduire les déficits commerciaux avec certains partenaires commerciaux majeurs, notamment la Chine et l’Inde. Le déficit commercial avec la Chine a ainsi diminué de 4 milliards de dollars pour atteindre 11,4 milliards de dollars en septembre, grâce à une légère augmentation des exportations (+0,2 %, à 8,8 milliards de dollars) et une baisse des importations (-3,9 milliards de dollars, à 20,1 milliards de dollars). Le déficit avec l’Inde s’est également réduit, de 1,8 milliard de dollars, pour s’établir à 3,05 milliards de dollars.
Les États-Unis et l’Inde sont actuellement en négociations pour conclure un accord commercial bilatéral. Intervenant devant une commission sénatoriale, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré à ce sujet : « New Delhi est un problème très difficile à résoudre. Mais ils ont été très ouverts d’esprit. Le type d’offres qu’ils nous ont présentées est le meilleur que nous ayons jamais reçu en tant que pays. »
En revanche, le déficit commercial avec l’Irlande a augmenté de 15,3 milliards de dollars pour atteindre 18,2 milliards de dollars. Les déficits commerciaux avec le Mexique et l’Union européenne se sont également creusés, à respectivement 17,842 milliards de dollars et 17,83 milliards de dollars.
La Maison Blanche mise sur les droits de douane pour relocaliser l’industrie manufacturière nationale et réduire le déficit commercial. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a affirmé : « J’ai été très cohérent sur ce point : les droits de douane sont un glaçon qui fond. Le but ultime est de rééquilibrer le commerce et de ramener la production nationale. »
Les autorités américaines espèrent également générer des recettes fiscales importantes, qui pourraient être utilisées pour réduire la dette, offrir des allègements fiscaux ou même supprimer l’impôt sur le revenu. Depuis le début de l’année fiscale, les États-Unis ont collecté près de 70 milliards de dollars de recettes tarifaires (au 10 décembre). Les recettes tarifaires totales devraient atteindre 195 milliards de dollars pour l’exercice 2025.
Le Congressional Budget Office (CBO) prévoit désormais que les droits de douane en vigueur généreront 2 500 milliards de dollars de revenus, hors effets dynamiques, une estimation inférieure à celle d’août (3 300 milliards de dollars). Le directeur du CBO, Phillip Swagel, souligne l’incertitude qui entoure ces prévisions : « Les États-Unis n’ont pas mis en œuvre des augmentations de droits de douane d’une telle ampleur depuis de nombreuses décennies, il existe donc peu de preuves empiriques pour orienter nos estimations de leurs effets à long terme. » Selon lui, la sensibilité des consommateurs et des entreprises aux droits de douane pourrait varier, ce qui affecterait les échanges commerciaux et les recettes fiscales.
Le taux effectif moyen des droits de douane est actuellement de 16,8 %, le plus élevé depuis 1935, selon le Yale Budget Lab.
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