Publié le 23 novembre 2023 19h30. Le cancer de la prostate touche de plus en plus d’hommes en Colombie, et les spécialistes insistent sur l’importance d’un dépistage précoce pour améliorer significativement les chances de guérison.
- Le cancer de la prostate est une menace croissante pour la santé masculine, en particulier chez les hommes de plus de 40 ans.
- Un dépistage régulier, incluant l’analyse du PSA et le toucher rectal, peut détecter la maladie à un stade précoce, augmentant les chances de succès du traitement.
- La Colombie enregistre actuellement entre 13 000 et 14 000 nouveaux cas chaque année, avec un taux de mortalité élevé.
Le cancer de la prostate continue de représenter un défi majeur de santé publique en Colombie. Selon le docteur Javier Granados Gómez, interniste et oncologue clinicien, responsable du programme de soins aux patients atteints de cancer de l’Institut du Cancer des Caraïbes, basé à Santa Marta, Barranquilla, Riohacha, Valledupar et Montería, cette maladie est due à des « altérations des chromosomes qui composent l’ADN des hommes », entraînant une « croissance anormale de la prostate et des modifications cellulaires pouvant évoluer en adénocarcinomes », la forme la plus courante de ce cancer.
Le docteur Granados explique que le développement du cancer de la prostate passe par une série de transformations cellulaires. Il décrit l’apparition d’un « clone oncologique », un groupe de cellules génétiquement identiques issues d’une seule cellule souche mutée, qui finit par provoquer une dysplasie et des changements cellulaires importants, aboutissant à la formation d’adénocarcinomes.
Un aspect préoccupant est que les symptômes du cancer de la prostate apparaissent souvent une dizaine d’années avant le diagnostic, mais sont fréquemment négligés ou attribués à des troubles mineurs. « Les symptômes sont liés à la croissance de la prostate et à des anomalies de sa forme. Il est donc probable qu’une décennie avant le diagnostic, des symptômes urinaires commencent à se manifester, tels que des difficultés à uriner, une diminution du débit urinaire, une modification de la fréquence des mictions, voire une augmentation des mictions nocturnes », précise le spécialiste.
À des stades plus avancés, des douleurs lombaires et pelviennes, ainsi que des saignements dans les urines, peuvent également survenir.
Bien que l’American Urological Society recommande de commencer le dépistage à 50 ans, le docteur Granados estime que « les évolutions épidémiologiques obligent à envisager le dépistage dès 40 ans », en particulier chez les hommes ayant des antécédents familiaux de la maladie. Il souligne l’importance de consulter des urologues et des médecins cliniciens pour effectuer des tests tels que la détermination de l’antigène spécifique de la prostate (PSA), ainsi que l’examen physique par toucher rectal. Des examens complémentaires, comme l’échographie transrectale de la prostate et, dans certains cas, l’IRM multiparamétrique, peuvent être nécessaires.
Le spécialiste recommande des dépistages annuels, surtout en présence d’antécédents familiaux de cancer de la prostate chez des parents proches. « Il ne faut pas attendre un certain âge pour commencer le dépistage, mais plutôt profiter des tests pour identifier les situations cliniques probables, en tenant compte du caractère héréditaire de la maladie », insiste-t-il.
Les taux de guérison sont très encourageants lorsqu’un diagnostic précoce est posé, aux stades 1 et 1C, voire 2, avec une probabilité de réponse et de guérison proche de 90 %. En revanche, aux stades avancés, ce taux chute en dessous de 50 %.
Le traitement du cancer de la prostate varie en fonction du stade de la tumeur. Aux premiers stades, la chirurgie ou la radiothérapie peuvent être curatives. Aux stades intermédiaires (2B et 3), des traitements hormonaux, des antiandrogènes et, dans certains cas, une chimiothérapie sont utilisés. Même aux stades avancés, les nouvelles thérapies ont permis d’améliorer considérablement la survie des patients.
Selon les données récentes du Compte à Coûts Élevés, la Colombie enregistre entre 13 000 et 14 000 nouveaux cas de cancer de la prostate chaque année, avec une mortalité comprise entre 2 500 et 3 000 hommes. Ce type de cancer est donc considéré comme une priorité par les autorités sanitaires.
Le docteur Granados lance un appel aux hommes : « Une détection précoce est essentielle. La consultation d’un spécialiste, la réalisation d’examens spécifiques du dépistage de la prostate, des examens d’imagerie diagnostique et, surtout, l’examen physique sont les mesures de prévention primaires nécessaires pour un diagnostic précoce. »