Publié le 10 octobre 2024 à 17h00. Une enquêtrice de la Banque centrale d’Irlande affirme avoir été licenciée après avoir déposé une plainte pour mauvais traitements, ce qui soulève des questions sur les procédures internes et le traitement des lanceurs d’alerte au sein de l’institution.
- Une enquêtrice, Nigar Babayeva, a porté plainte auprès de la Commission des relations du travail (WRC) pour licenciement abusif et violation de la loi sur les lanceurs d’alerte.
- La Banque centrale d’Irlande conteste la compétence du WRC, invoquant des incohérences dans les dates de licenciement fournies par la plaignante.
- L’affaire a été initialement examinée à huis clos, suscitant des interrogations sur la transparence des procédures internes de la Banque centrale.
Le différend entre Nigar Babayeva et la Banque centrale d’Irlande a éclaté lors d’une audience publique devant la Commission des relations du travail (WRC) vendredi dernier. Selon les informations révélées, Mme Babayeva a déposé une plainte après avoir signalé des problèmes de comportement de la part d’un responsable, qui n’était ni son supérieur hiérarchique direct ni son responsable contractuel. Elle a ensuite été licenciée alors qu’elle était en arrêt maladie.
L’avocat de Mme Babayeva, Setanta Landers, a expliqué que sa cliente avait d’abord déposé une plainte auprès des ressources humaines concernant les agissements du responsable en question. Cette communication a été, selon ses dires, transmise au responsable incriminé, qui a ensuite pris la décision de licencier Mme Babayeva. M. Landers a souligné que le responsable n’avait pas l’autorité contractuelle de prendre une telle décision.
« Je sais que cela semble déroutant, mais les dossiers doivent être replacés dans leur contexte. Mme Babayeva a porté plainte auprès des RH sur les mauvais traitements infligés par un manager en particulier. Cette communication a été partagée, dirons-nous, avec ce responsable par les RH. Ce manager, qui n’était ni son responsable contractuel ni son superviseur, l’a licenciée lui-même alors qu’elle était en arrêt maladie et sans, disons, autorité contractuelle. »
Setanta Landers, avocat de Nigar Babayeva
La Banque centrale d’Irlande, représentée par Niamh McGowan, conteste la validité de la plainte de Mme Babayeva. Elle a mis en avant des incohérences dans les dates de licenciement indiquées dans les deux formulaires de plainte déposés auprès du WRC : juillet 2023 et juillet 2024. Selon Mme McGowan, ces incohérences remettent en question la compétence du WRC à traiter l’affaire.
« Ils ne peuvent pas présenter une affaire en indiquant une date, puis une autre date. »
Niamh McGowan, avocate de la Banque centrale d’Irlande
La Banque centrale soutient également que le retard dans l’examen de l’appel de Mme Babayeva contre la fin de sa période d’essai était dû à une enquête interne nécessaire dans le cadre des procédures de protection des lanceurs d’alerte. Elle affirme que cette enquête était une étape préalable à toute décision concernant l’appel.
Mark Harty, avocat représentant également Mme Babayeva, a plaidé pour que le WRC puisse examiner l’ensemble des preuves, estimant que la question de la compétence ne devrait pas empêcher l’examen de la plainte elle-même. Il a souligné que la date exacte du licenciement reste une question à déterminer.
« Je dis que c’est tout simplement incorrect. »
Mark Harty, avocat de Nigar Babayeva
L’arbitre, Orla Jones, a ajourné l’affaire afin de permettre aux parties de présenter leurs arguments juridiques de manière plus approfondie. En décembre dernier, une première audience s’était tenue à huis clos, à la demande de l’avocate de la Banque centrale, qui souhaitait éviter la présence de la presse.