Un apaisement inattendu dans les tensions commerciales sino-américaines s’est dessiné ce mercredi, avec un accord tacite de part et d’autre pour éviter une escalade des restrictions. En parallèle, la Réserve fédérale américaine a adopté une position moins agressive en matière de politique monétaire, entraînant des fluctuations sur les marchés financiers.
Les États-Unis ont renoncé à bloquer les filiales des entreprises chinoises déjà sanctionnées et à imposer des taxes sur les navires transportant des marchandises chinoises. Cette décision intervient après que Pékin ait menacé de restreindre ses exportations de terres rares et d’aimants, des éléments cruciaux pour l’industrie technologique mondiale. En réponse, la Chine a accepté de suspendre ces restrictions pendant un an et d’abandonner les taxes sur les escales des navires américains. Des achats de soja américain par la Chine sont également prévus, et des discussions pourraient s’étendre au secteur de l’énergie.
L’accord ne semble toutefois pas inclure la puce Blackwell de Nvidia, un composant clé dans le domaine de l’intelligence artificielle. Les experts soulignent qu’il faudrait plus d’un an aux États-Unis pour développer une capacité de traitement autonome des terres rares et des aimants, malgré leurs avancées technologiques.
Cette détente commerciale, bien que bienvenue, devrait susciter des critiques au sein des cercles les plus fermes de la politique étrangère américaine. Par ailleurs, la décision de la Réserve fédérale de ralentir le rythme de ses hausses de taux d’intérêt a eu un impact immédiat sur les marchés. Les probabilités d’une baisse des taux en décembre ont diminué, passant d’environ 90 % à 73 %, ce qui a renforcé le dollar américain.
Le yen japonais, en revanche, a subi une pression à la vente après la décision de la Banque du Japon de maintenir sa politique monétaire inchangée. Le dollar a atteint un nouveau plus haut de huit mois face au yen, flirtant avec les 154 JPY (environ 1,08 USD). Les rendements obligataires américains ont également augmenté, entraînant une hausse des taux de référence en Europe, de 2 à 4 points de base.
Les marchés boursiers ont globalement affiché des signes de faiblesse. Seuls le Japon et la Corée du Sud, qui ont conclu un accord commercial avec les États-Unis incluant la fourniture de sous-marins à propulsion nucléaire, ont enregistré des gains significatifs en Asie-Pacifique. L’indice Stoxx 600 européen a connu sa troisième journée consécutive de baisse, tandis que les contrats à terme sur les indices américains ont montré des signes de stabilisation.
L’or a maintenu une certaine fermeté, évoluant dans une fourchette étroite autour de 4 000 USD (environ 3 700 EUR). Le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) de décembre se négociait également calmement autour de 60 USD (environ 55 EUR) le baril.
Comme largement anticipé, la Réserve fédérale a augmenté ses taux d’intérêt de 0,25 point de pourcentage, pour le deuxième trimestre consécutif cette année. Elle a également annoncé qu’elle mettrait fin à son programme de réduction de son bilan (Quantitative Tightening, QT) à la fin du mois de novembre, en remplaçant les titres adossés à des créances hypothécaires arrivant à échéance par des bons du Trésor.
Deux voix discordantes se sont élevées lors de la réunion. L’une, attendue, plaidait pour une réduction de taux de 0,50 point de pourcentage. L’autre, plus surprenante, émanait du président régional de la Fed, Schmid, qui préconisait de maintenir une politique stable, probablement en raison de l’inflation persistante. Le président de la Fed, Jerome Powell, a adopté un ton moins accommodant, soulignant qu’une baisse des taux en décembre n’était pas garantie, contrairement aux attentes du marché. Suite à ses déclarations, le dollar s’est renforcé, atteignant un sommet de deux semaines à 99,35, avant de se stabiliser autour de 98,90-99,20.
Les analystes estiment que la résistance se situe à proximité des plus hauts du mois, dans la zone 99,45-55. Au-delà de ce niveau, une poursuite de la hausse vers 100,00-25 pourrait se produire. La publication du PIB du troisième trimestre était prévue ce mercredi, mais la fermeture partielle du gouvernement américain continue de perturber la collecte de données. De plus, à partir du 1er novembre, le Programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire (SNAP) sera suspendu pour environ 40 millions d’Américains, bien que l’aide ait été maintenue lors de la dernière fermeture du gouvernement sous l’administration Trump.
Environ 40 % des bénéficiaires de SNAP sont des enfants, 18 % des personnes âgées et 11 % des personnes handicapées. Parmi les autres, environ 70 % sont considérés comme des « travailleurs pauvres », ne percevant pas un « salaire décent ». L’indice de suivi du PIB de la Fed d’Atlanta indique une accélération de la croissance au troisième trimestre, à 3,9 %, contre une prévision médiane de 2,7 % selon l’enquête Bloomberg.
