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Le dollar américain est en passe de connaître sa plus forte baisse depuis 2017

by Amélie Bernard

Publié le 24 décembre 2023 17:35. Le dollar américain est en passe de connaître sa plus forte baisse annuelle depuis 2017, une tendance alimentée par les anticipations d’une politique monétaire plus souple de la Réserve fédérale américaine et par la performance d’autres devises majeures.

  • Le dollar devrait perdre près de 10 % de sa valeur cette année.
  • Les marchés anticipent au moins deux nouvelles baisses de taux d’intérêt de la Fed en 2026.
  • L’euro et la livre sterling ont atteint des sommets de trois mois, tandis que le yen japonais fait l’objet d’une surveillance accrue.

La faiblesse du dollar s’est accentuée malgré la publication de chiffres solides concernant le produit intérieur brut (PIB) américain, qui n’ont pas modifié les attentes des investisseurs concernant une éventuelle baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale (Fed). Les analystes prévoient désormais deux réductions supplémentaires de taux en 2026.

David Mericle, économiste en chef chez Goldman Sachs, a déclaré :

« Nous nous attendons à ce que le FOMC approuve deux réductions supplémentaires de 25 points de base, à 3 à 3,25 %, mais nous voyons des risques à la baisse. »

David Mericle, économiste en chef chez Goldman Sachs

Il attribue cette prévision au ralentissement de l’inflation.

L’euro et la livre sterling ont profité de cette situation, gagnant du terrain et atteignant mercredi un plus haut de trois mois. L’euro s’échangeait à 1,180 $ et la livre sterling à 1,3522 $, avant de se stabiliser à ces niveaux. Sur l’ensemble de l’année, le dollar est en voie de perdre 9,8 % de sa valeur, ce qui représenterait sa plus forte baisse annuelle depuis 2017. Une nouvelle faiblesse d’ici la fin de l’année pourrait même conduire à la plus forte baisse depuis 2003.

Cette année difficile pour le dollar est en partie due aux tarifs douaniers imposés par l’ancien président Donald Trump, qui ont ébranlé la confiance dans les actifs américains, ainsi qu’aux inquiétudes concernant l’influence croissante de ce dernier sur la Fed et son indépendance. À l’inverse, l’euro a progressé de plus de 14 % depuis le début de l’année, affichant sa meilleure performance depuis 2003. La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux d’intérêt inchangés et a revu à la hausse certaines de ses prévisions, réduisant ainsi les chances d’un nouvel assouplissement monétaire à court terme.

Les marchés anticipent désormais une politique monétaire plus stable, tandis que des hausses de taux d’intérêt sont attendues en Australie et en Nouvelle-Zélande. Cette perspective a entraîné une appréciation des dollars australien et néo-zélandais, qui ont atteint des sommets de deux à trois mois. La livre sterling a également gagné plus de 8 % cette année, dans l’attente d’une éventuelle baisse des taux en 2026.

Parallèlement, l’or a continué de progresser, atteignant un nouveau record historique, et a surpassé la plupart des devises. Les monnaies des petits pays européens peu endettés ont également affiché de bonnes performances. Le dollar recule fortement face à certaines devises : il a perdu 12 % face à la couronne norvégienne, 13 % face au franc suisse (0,7865 franc) et 17 % face à la couronne suédoise (9,167 couronne), atteignant son niveau le plus bas depuis début 2022.

L’attention des traders se porte également sur le yen japonais, avec la crainte d’une éventuelle intervention des autorités japonaises pour enrayer sa dépréciation. Le ministre des Finances, Satsuki Katayama, a averti que le Japon avait les moyens d’intervenir en cas de mouvements excessifs du yen, un message qui a temporairement freiné la chute de la monnaie. Le dollar a ainsi chuté de 0,3 % face au yen mercredi, après une baisse de 0,5 % la veille.

Bien que la Banque du Japon ait relevé ses taux d’intérêt la semaine dernière, cette décision était largement anticipée et les commentaires du gouverneur Kazuo Ueda ont déçu les marchés, laissant le yen continuer de baisser. Les investisseurs restent attentifs à d’éventuels achats officiels de yens par Tokyo, d’autant plus que les volumes de transactions diminuent vers la fin de l’année, un moment jugé propice à une intervention.

L’Indépendant.

Comment l’Europe pourrait-elle répondre à la nouvelle stratégie ?

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