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Le dollar américain pourrait se renforcer après le drame de la Fed

Les chiffres de l'inflation américaine, plus cléments que prévu, n'ont pas eu l'impact attendu sur les marchés, ravivant les interrogations sur la politique monétaire de la Réserve fédérale. Les analystes d'ING anticipent une possible hausse des taux d'intérêt…

Le dollar américain pourrait se renforcer après le drame de la Fed

Les chiffres de l’inflation américaine, plus cléments que prévu, n’ont pas eu l’impact attendu sur les marchés, ravivant les interrogations sur la politique monétaire de la Réserve fédérale. Les analystes d’ING anticipent une possible hausse des taux d’intérêt en mars, mais doutent que les investisseurs partagent ce point de vue à court terme.

L’indice des prix à la consommation (IPC) publié hier a déçu les attentes, affichant une progression plus faible que prévue. « Malgré cette faiblesse de l’IPC, les prix de la Fed ont à peine bougé et le dollar s’est rapidement réapprécié », notent les experts d’ING. Cette réaction inattendue pourrait refléter une certaine méfiance des marchés à interpréter les données de l’IPC, compte tenu des perturbations économiques persistantes liées aux restrictions sanitaires. Elle témoigne également d’un apaisement des craintes concernant l’indépendance de la Fed, notamment grâce à l’évolution de l’enquête criminelle visant le président Powell et aux réserves exprimées par certains élus républicains.

Les analystes estiment qu’il existe une probabilité raisonnable que le dollar se renforce à l’issue de cette période, Powell étant susceptible d’adopter une ligne plus ferme pour défendre l’indépendance de la banque centrale. Par ailleurs, la faiblesse persistante des prix des biens, soulignée dans les chiffres de l’IPC, confirme l’impact limité des droits de douane sur l’inflation. Plusieurs catégories de produits soumis à ces droits, comme les appareils électroménagers (-4,3 % sur un mois), les meubles (-0,4 %), les véhicules neufs (0,0 %) et les équipements vidéo et audio (-0,4 %), ont continué de baisser. Cette tendance suggère que les détaillants américains continuent de réduire leurs marges bénéficiaires.

L’attention se porte désormais sur les prochains indicateurs économiques, notamment les chiffres de l’inflation pour le mois de novembre (prévisions à +0,2 % sur un mois) et les ventes au détail. Un panel d’intervenants de la Fed – Paulson, Miran, Kashkari, Bostic et Williams – sera également scruté pour déceler d’éventuels signaux d’une orientation plus restrictive de la politique monétaire.

Une décision de la Cour suprême concernant les droits de douane est également attendue aujourd’hui, et devrait être défavorable à l’administration Trump. Dans ce cas, des réactions fortes de la Maison Blanche sont prévisibles, mais les marchés ne devraient pas être surpris. ING anticipe une réaction légèrement positive du dollar.

Concernant l’euro, des négociations sont en cours entre une délégation américaine, comprenant JD Vance et Marco Rubio, et des représentants du Danemark et du Groenland. Jusqu’à présent, les menaces américaines concernant le Groenland n’ont eu qu’un impact limité sur les marchés, et la prime de risque associée reste faible. Cependant, un accord pourrait éliminer un risque géopolitique persistant. Les discussions portent sur un éventuel abandon de toute revendication américaine de « propriété » sur le Groenland, en échange de partenariats économiques et d’une présence militaire américaine accrue.

Enfin, le yen japonais continue de subir des pressions. « Il semble qu’il n’y ait aucun moyen d’arrêter le rassemblement », indiquent les analystes. Les spéculations sur des élections anticipées au Japon et les tensions diplomatiques avec la Chine alimentent cette tendance. ING estime qu’il est probable que le seuil de 160 yens pour un dollar soit testé, le Japon ayant déjà toléré un taux de change supérieur à ce niveau en juillet 2024 avant d’intervenir. Une intervention de la Banque du Japon (BoJ) reste possible, mais elle ne devrait pas, à elle seule, inverser durablement la tendance, à moins d’un effondrement des taux d’intérêt américains à court terme.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.